Philippe Cote


Scratch Projection / ÉTIENNE O’LEARY
mars 12, 2015, 8:37
Filed under: Agenda

Mardi 17 Mars 2015 à 20h30
Studio des Ursulines
10 Rue des Ursulines
75005 Paris

Né à Montréal en 1944, Étienne O’Leary arrive en France à l’âge de quinze ans pour terminer le lycée. Après une expérience décevante au sein d’une école de cinéma, il se rapproche du milieu de l’avant-garde parisienne, et commence à tourner avec une Beaulieu R16 que son père lui a offerte à ses dix-huit ans.

Dès son premier film (Champs Elysées, 1965), aujourd’hui disparu, il fait le choix de filmer les membres de sa famille, ses amis, et plus particulièrement sa compagne de l’époque, Michèle Giraud, qui apparaîtra dans l’ensemble de sa (courte) filmographie. On pourrait voir les films d’O’Leary comme des études visant à rendre compte du mystère et du hasard du quotidien, le « flux » de la vie, dans son essence la plus pure, la plus abstraite et la plus primitive. Fortement influencé par les écrits de Kandinsky, O’Leary tente de rendre filmiquement cette « vie intérieure » par une grande maîtrise technique : ses films sont majoritairement montés dans la caméra, qu’il utilise pour créer différents trucages tels que des clignotements, surimpressions, fondus au noirs, etc.

Paradoxalement, à mesure que son geste filmique se fait plus précis, son regard devient lui de plus en plus angoissé, jusqu’à ce que le moindre objet, le moindre corps, la moindre rue paraissent émerger du néant pour aussitôt y replonger éternellement. A la suite du tournage de Chromo Sud, Étienne O’Leary sera diagnostiqué schizophrène, ce qui l’obligera à passer le reste de sa vie dans des foyers psychiatriques, à l’écart de toute création filmique.

Les films d’O’Leary, flamboyants et personnels, nous apparaissent finalement comme s’ils n’étaient faits pour personne, et donc, peut-être, pour tous.

Jean-Pierre Bouyxou, un de ses proches amis, confiait qu’à l’époque il n’avait jamais assisté à une projection de ses films sans que le public ne sortît complètement chamboulé. Espérons que la séance de ce soir lui donnera une fois de plus raison…

Séance présentée par Théo Deliyannis.

SIGMA 1967 de Yves-Marie MAHÉ
2015 / vidéo / coul / son / 7′ 07
DAY TRIPPER / LE VOYAGEUR DIURNE de Etienne O’LEARY
1966 / 16 mm / n&b / son / 9′ 00
10429
HOMEO de Etienne O’LEARY
1967 / 16 mm / coul / son / 38′ 00
10426
CHROMO SUD de Etienne O’LEARY
1968 / 16 mm / coul / son / 21′ 00
10423

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