Philippe Cote


Cycle René Viénet
mars 17, 2015, 9:08
Filed under: Agenda

Vendredi 20 Mars à la Cinémathèque Française

René Viénet #1 à 19 H 30
David Bergman, Haïm Gouri, Jacques Ehrlich

Ne laissons pas les morts enterrer les morts (Hamakah Hashmonim Ve’Echad)
de David Bergmann, Jacques Ehrlich, Haim Gouri, Miriam Novitch, Zvi Shner
Israël/1974/110’/35 mm/VOSTF

«Ne laissons pas les morts enterrer les morts de David Bergman, Jacques Ehrlich et Haim Gouri est une production israélienne de la Maison des Combattants des Ghettos. Sans la moindre phrase de commentaire, mais avec l’occasionnel contrepoint de chants juifs, les auteurs analysent une masse de documents cinématographiques récupérés des archives nazies, qu’ils relient à une série de témoignages, en yiddish et en hébreu, recueillis lors du procès Eichmann à Jérusalem en 1961.» (Louis Marcorelles)

René Viénet #2 à 21 H 45

Mao par lui-même de Xingming Wu, René Vienet et Francis Deron
France/1977/26’/35mm

«À partir d’archives rares, de textes et d’extraits de discours, René Viénet montre Mao Tsé-toung sous un jour inhabituel, le sort de sa mythologie. » (Jacques Siclier)

Suivi de

[Images de propagande de la révolution culturelle] (Wen ge xuan chuan hua) de Jie Hu et Xiaoming Ai
Chine/2014

« La « révolution culturelle » a été violente et sanglante. Mais des artistes se sont prêtés au jeu des coloriages, de la propagande maoïste, du « culte de la personnalité » de Mao, de sa déification. Affiches et interviews de leurs graphistes (et de quelques observateurs) montrent comment des tubes de peinture dégoulinaient les mensonges, pour recouvrir les taches de sang. » (Hu Jie)

Présentation du Cycle

L’oeuvre joyeuse et polémique de René Viénet s’inscrit dans la tradition des grands ironistes capables de combattre frontalement une monarchie, une dictature, un empire : Diogène de Sinope face à Alexandre, Montesquieu face à Richelieu, L’Humble proposition de Jonathan Swift face à l’aristocratie anglaise, ainsi René Viénet face à Mao Tse-Toung et ses zélotes européens.
Membre de l’Internationale Situationniste de 1963 à 1971, René Viénet signe l’ouvrage collectif Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations en 1968. Avec pour plate-forme commune esprit libertaire, ludisme et haute culture, les auteurs situationnistes déploient un vaste éventail d’initiatives théoriques et stylistiques en matière de détournement. Par différence avec les fragmentations et décollages visuels de ses camarades Guy Debord ou Gil Wolman, René Viénet détourne d’un bloc une oeuvre entière, car en aucun cas il ne s’agit de disqualifier celle-ci – en cela plus proche du Erich Von Stroheim de Maurice Lemaître (1979).
Petit-fils et fils de docker, écrivain, éditeur, cinéaste, René Viénet est avant tout un spécialiste érudit et passionné de la Chine, dont il a grandement contribué à préserver le patrimoine filmique : il collectionne de nombreux films chinois anciens et importe des films hong-kongais à partir de 1969 (il commence par ShaJie/Du sang chez les taoïstes), bien avant leur reconnaissance par la cinéphilie mondiale. Détourner The Crush de Kuang-chi Tu dans La Dialectique peut-elle casser des briques ? (1972) ou Le Pensionnat des jeunes filles perverses du japonais Suzuki Noribumi dans Les Filles de Ka-Ma-Ré/Une petite culotte pour l’été (1974) relève chez lui autant du fétichisme sophistiqué que de la provocation. Et par différence avec l’ironie méditative aux résonances souvent mélancoliques de Guy Debord, celle de René Viénet explose d’esprit burlesque et d’énergie hédoniste, à mesure des horreurs qu’il s’agit d’affronter. Le détournement chez lui sert donc autant à dénoncer et critiquer la désinformation maoïste qu’à protéger, conserver et transmettre non seulement des images mais la mémoire des victimes. En l’espèce, avec son Mao par lui-même (1976), René Viénet revendique pour modèle direct le film Ne laissons pas les morts enterrer les morts (1974), produit par Miriam Novitch et la Maison des Combattants des Ghettos, qui monte le son des témoignages enregistrés lors du procès d’Adolf Eichmann sur des images de crimes nazis, oeuvre dont René Viénet assura, avec Françoise Zylberberg, les sous-titres et la distribution en France. NICOLE BRENEZ

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