Philippe Cote


Anselm Kiefer : Image et entropie #5
janvier 18, 2016, 3:40
Filed under: Agenda

Mercredi 20 janvier 2016, à 19h00 (1h30)
– Centre Pompidou, Paris

Daniel Eisenberg, Displaced Person, 1981, 16mm, nb, son, 11 min
Su Friedrich, The Ties That Bind, 1984, 16mm, nb, son, 55 min (vo anglais)

En écho à l’exposition « Anselm Kiefer » (du 16 décembre 2015 au 18 avril 2016), le service de collection des films du Centre Pompidou propose un dialogue entre l’œuvre du célèbre artiste allemand et une sélection de productions cinématographiques contemporaines. Hanté par la place de l’Histoire dans l’Allemagne d’après-guerre, Anselm Kiefer convoque et interroge les éléments épars d’une mémoire collective en prise avec l’entropie pour les redistribuer à travers un ensemble d’œuvres qui semblent partager avec le cinématographe cette nécessité de venir fixer et traduire un réel condamné par l’oubli. Pour Daniel Eisenberg l’histoire est reçue au travers des autres. Fils de survivants des camps, le cinéaste a fait de la guerre et de son impact sur la mémoire collective l’interrogation centrale de son œuvre cinématographique. Réalisé en 1981, son film Displaced Person s’appréhende à la manière d’un labyrinthe d’où surgiraient les échos quasi indicibles d’une mémoire traumatisée. Volontairement fragmentaire, cette polyphonie visuelle et sonore est conçue à partir d’éléments récupérés : des séquences du Chagrin et la pitié de Marcel Ophuls (réalisé en 1969), une archive filmée de la visite d’Hitler à Paris le 25 juin 1940, des actualités américaines, d’un mouvement du quatuor Razumovsky de Beethoven (l’opus 59) auxquels, Eisenberg superpose les extraits d’un discours radiophonique prononcé par Claude Levy Strauss, « The Meeting of Myth and Science ».

« Le cinéma dans les mains d’Eisenberg est un outil qui permet de questionner l’impensable, en le mettant visuellement en acte. Qui est déplacé ? L’histoire ou nous qui ne pouvons la comprendre sans recourir aux artifices ? » yann beauvais, dans la catalogue L’art du Mouvement, éditions du Centre Pompidou, 1996, page 141

Figure majeure du cinéma indépendant américain, Su Friedrich (née en 1954) développe depuis le tournant des années 1980 une œuvre filmique hybride à la croisée du film expérimental, narratif et documentaire. Son film The Ties That Bind (1984) évoque le parcours de sa mère ; de la jeune femme qu’elle était dans l’Allemagne nazie jusqu’à son exile aux Etats-Unis dans l’immédiate après-guerre. Autobiographique et profondément politique, ce portrait intimiste où dialoguent présent et passé devient le lieu d’une réflexion portée par la cinéaste sur le sens des responsabilités individuelles et collectives face à l’histoire.

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