Philippe Cote


Miró vu par Portabella
mai 30, 2016, 11:25
Filed under: Agenda

Samedi 4 Juin à 17h40

Cinéma Ermitage Fontainebleau
6 rue de France, 77300 Fontaineblea

Séance en présence du cinéaste, dans le cadre du Festival d’histoire de l’art de Fontainebleau.

Ce double programme présente les oeuvres de deux des plus importantes figures du cinéma d’avant-garde espagnol, José Val del Omar et Pere Portabella. Ces deux corpus portent des regards très différents sur l’art : dans le cas de Val del Omar et de son « Triptyque élémentaire d’Espagne », il s’agit avant tout d’une appropriation lyrique des traditions artistiques espagnoles, englobant aussi bien la culture populaire (le flamenco est par exemple très présent dans Aguaespejo granadino) que l’histoire de l’art (Fuego en Castilla a été tourné au Musée National de la Sculpture de Valladolid). Portabella porte quant à lui un regard plus critique sur l’art, dans cet ensemble de quatre documentaires réalisés sur et autour de Miró, se focalisant sur les questions de réception et de production des oeuvres.

Là où Val del Omar aspire à mettre en accord cinéma et mystique dans ce qu’il appellera
« mécamystique », Portabella est avant tout un cinéaste démystificateur. Toute son oeuvre est soustendu par une critique de l’art et de la société fondée sur une déconstruction matérialiste du médium cinématographique. Dans ses documentaires sur l’art, de facture plus classique que des oeuvres telles que Vampir cuadecuc (1970) ou Umbracle (1972), c’est la production et la réception de l’art qui interrogent son statut traditionnel. Ce regard critique porté sur et à travers l’art est bien illustré par une série de films de commande consacrés à Joan Miro. A l’occasion de l’exposition rétrospective « Miro l’altre » organisée par le Collège Officiel d’Architectes de Catalogne (COAC) à Barcelone en 1969 en réponse à une exposition sur l’artiste conçue par le Ministère d’Information et de Tourisme franquiste à laquelle Miro ne se rendit pas, Portabella réalise deux films qui sont comme l’envers et l’endroit de l’art espagnol de cette période.

Le premier, Premios nacionales nous montre les toiles lauréates du Prix National de Peinture entre 1941 et 1969 entreposées à la Bibliothèque Nationale de Madrid, telles que des marchandises éphémères transportées par les manutentionnaires, le tout accompagné avec ironie par des airs d’opérette (zarzuela). Miró l’altre qui reprend le titre de l’exposition se situe aux antipodes de Premios nacionales : il s’agit du film le plus expérimental de la trilogie consacrée à Miró, tant dans son montage qui fait la part belle à la répétition que dans sa musique elle aussi minimaliste composée par Carles Santos. Le film a une assez forte dimension subversive, la création de l’oeuvre est ici liée à sa destruction : Portabella filme l’intervention de Miró sur la façade du Collège puis la destruction de l’œuvre par le peintre et ses assistants. L’effacement de cette peinture murale était une idée de Portabella que Miró accepta avec enthousiasme. La production et la disparition sont saisies dans un même geste critique face à l’art comme valeur établie.

Dans les deux films suivants, commandés en 1973 par la Galerie Maeght à l’occasion d’une exposition organisée par le Ministère des Affaires Culturelles français au Grand Palais, c’est l’artiste lui-même qui disparaît : Miró, la forja et Miró tapis documentent, dans une esthétique bien plus proche du cinéma direct, attentive à la durée propre des processus filmés, la production d’oeuvres de Miró par des artisans : des sculptures en bronze et une tapisserie monumentale. Les deux films posent la question des limites de l’art : les producteurs des oeuvres sont interrogés sur leur statut : se considèrent-ils comme artistes ou artisans ?

Séance présentée par Lucía Méndez.

Premios nacionales (1969), 4′, Miró l’altre (1969), 15′, Miró la forja (1973), 23′, Miró tapis (1973), 21′



Triptyque élémentaire d’Espagne – José Val del Omar
mai 30, 2016, 11:23
Filed under: Agenda

Samedi 4 Juin à 14 H

Cinéma Ermitage Fontainebleau
6 rue de France, 77300 Fontainebleau

Séance en présence de Piluca Baquero Val del Omar et Gonzalo Sáenz de Buruaga, dans le cadre du Festival d’histoire de l’art de Fontainebleau.

Ce double programme présente les oeuvres de deux des plus importantes figures du cinéma d’avant-garde espagnol, José Val del Omar et Pere Portabella. Ces deux corpus portent des regards très différents sur l’art : dans le cas de Val del Omar et de son « Triptyque élémentaire d’Espagne », il s’agit avant tout d’une appropriation lyrique des traditions artistiques espagnoles, englobant aussi bien la culture populaire (le flamenco est par exemple très présent dans Aguaespejo granadino) que l’histoire de l’art (Fuego en Castilla a été tourné au Musée National de la Sculpture de Valladolid). Portabella porte quant à lui un regard plus critique sur l’art, dans cet ensemble de quatre documentaires réalisés sur et autour de Miró, se focalisant sur les questions de réception et de production des oeuvres.

Entre 1955 et 1961 José Val del Omar réalise son « Triptyque élémentaire d’Espagne », trois documentaires expérimentaux qui chacun associe une région et un élément : l’eau et Grenade dans Aguaespejo granadino (1955), le feu et Castille dans Fuego en Castilla (1960), la terre et la Galice dans Acariño galaico (1961).

Ces trois films sont essentiellement lyriques et visionnaires : comme le dit le cinéaste, il s’agit de dépasser le statut purement documentaire de l’image pour atteindre au mystère et à l’élémentaire (1). A ces fins, Val del Omar ne crée pas à partir du néant, mais prend appui sur les traditions artistiques de son pays, englobant aussi bien la culture populaire – le flamenco est par exemple très présent dans Aguaespejo granadino – que l’histoire de l’art, mêlant ainsi les œuvres aux forces naturelles.

Il s’agit bien d’animer les œuvres, de capter le mouvement intrinsèque et latent de ces représentations immobiles et d’atteindre ainsi l’extase (« Qu’est-ce que l’extase ? L’image arrêtée, mais en mouvement (2) »). Ainsi Acariño galaico présente les œuvres du sculpteur Arturo Baltar, qui apparaît lui aussi à l’écran comme une sorte de sculpture vivante. Dans Fuego en Castilla, les œuvres du Musée National de Sculpture de Valladolid, notamment celles d’Alonso Berruguete, ainsi que quelques détails issus de toiles du Greco (3), sont portés à l’incandescence par un système d’éclairage stroboscopique (la « tactilvision ») qui semble leur insuffler vie. Dans Aguaespjo granadino, c’est l’architecture (l’Alhambra), la musique (le flamenco et Manuel de Falla) et la poésie (l’on relève dans le texte du film des références à Lorca) qui sont prises dans une même fluidité aquatique. La démarche de Val del Omar consiste donc à s’imprégner de ce patrimoine artistique espagnol, à le sublimer dans un rapport qui n’est pas de déférence passive mais de fascination active, qui mêle un fonds culturel traditionnel et une recherche radicale d’innovation esthétique, qui passe par la transformation du dispositif cinématographique lui-même par des procédés mis au point par l’auteur tels que la « diaphonie » (le son est spatialisé avec deux sources sonores divergentes) ou le « débordement apanoramique de l’écran » (l’image déborde le cadre de l’écran pour investir tout l’espace de la salle).

Séance présentée par Boris Monneau.

Acariño galaico (1961), 25′
Fuego en Castilla (1960), 18′
Aguaespejo granadino (1955), 21′

(1) José Val del Omar, Tientos de erotica celeste, Diputacion Provincial de Granada, 2012, p. 24.
(2) José Val del Omar, « Optica bionica energetica ciclo-tactil », Escritos de tecnica, poetica y mistica, Madrid : Ediciones de La Central : MNCARS, 2010, p. 149.
(3) Nous avons tenté un recensement, aussi complet que possible, des œuvres reprises dans ce film : https://arrebato.wordpress.com/2016/01/18/iconographie-de-fuego-en-castilla-jose-val-del-omar-1960/



Film : Ecoute voir, Minimalistes
mai 30, 2016, 11:10
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Mercredi 1 er Juin à 19 H – Centre Pompidou

C’est à l’histoire des inventions sonores au cinéma que nous convie le cycle de films « Ecoute voir », au croisement de la musique et du cinéma, de la technique, dans le sillage des compositeurs et des cinéastes les plus inventifs. Pensé comme un prolongement de l’ouvrage de Philippe Langlois, Les Cloches d’Atlantis, musique électroacoustique et cinéma, archéologie et histoire d’un art sonore paru aux éditions MF en juin 2012, ce cycle programmé chaque mois durant toute l’année 2016, fait la part belle aux dispositifs de sonorisation du cinéma muet, aux manipulations du son qui découlent de l’usage de la piste optique, aux inventions et expérimentations sonores et musicales en tout genre. De la fiction aux films documentaires, du cinéma d’animation aux films expérimentaux, un champ ténu de convergence s’élabore où se dessine une forme de préhistoire des musiques électroacoustiques et expérimentales.

Dans les années 1960 et 1970, une jonction s’opère entre la sphère du cinéma américain indépendant et le milieu de la musique avant-gardiste esquissant les contours d’une nouvelle catégorie, à la fois cinématographique et musicale, désignée sous différents termes tel que structuralisme, minimalisme ou encore plus communément en tant que mouvement répétitif américain. En pleine émulation, ces deux disciplines se rencontrent, se questionnent pour finalement s’enrichir mutuellement, interrogeant les fondements technologiques d’un art temporel sur support qui investit plus généralement les composantes même du dispositif cinématographique et de la musique électroacoustique. Il s’agit tout autant de questionner les notions de diffusion, de ruban —la pellicule/la bande magnétique— que de se confronter à ses composantes temporelles les plus infimes : le photogramme, la couleur, le flicker —clignotement— ainsi que les composantes sonores, le timbre, la hauteur, la durée, etc., recourant à ses artefacts spécifiques comme l’utilisation de la permutation, de la boucle, de la répétition, du déphasage… Les œuvres qui résultent de cette rencontre constituent autant d’indices sur lesquels se déploie les spécificités du film et des expérimentations musicales américaines. Cette séance, placée sous le signe des premières rencontres entre les grandes figures du cinéma expérimental et de la musique minimaliste rend hommage à l’artiste américain récemment disparu, Tony Conrad. Séance présentée par Philippe Langlois (musicologue) et David Sanson (auteur et musicien).

Tony Conrad, Four Violins, 1964, extrait sonore, 5min
Richard Serra, Hand Catching Lead, 1968, 16mm (transféré sur video), nb, sil, 3min
Robert Nelson, Plastic Haircut, 1963, 16mm, nb, son, 16min
Standish Lawder, Corridor, 1970, 16mm, nb, son, 22.25min
John Whitney, Matrix III, 1972, 16mm, coul, son 12min
Robert Withers & Meredith Monk, 16 Millimeter Earrings, 1979, 16mm, coul, son, 25min



STRAUB ET HUILLET artisans cinéastes
mai 24, 2016, 2:45
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Centre Pompidou du 27 Mai au 3 Juillet

Site cinéaste : ici



l’Etna invite DISTRUKTUR
mai 24, 2016, 2:36
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Projection exceptionnelle
samedi 28 mai 2016 à 21h

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Projection exceptionnelle de trois films du duo brésilien-allemand DISTRUKTUR. Cet événement fait partie d’une série d’événements dont une performance à l’Église Saint-Merry le 29 mai 2016, en partenariat avec le Collectif Jeune Cinéma.

La séance sera suivie d’un débat avec les cinéastes.
Les films parlants seront projetés en anglais sans sous-titres ou avec sous-titres anglais.

ENTRÉE LIBRE
buffet participatif

AU PROGRAMME :

TRIANGULUM | 2008 | 16 mm sur vidéo numérique | Egypte/Allemagne/Brésil | 22′

Au bord d’un abîme se fait une rencontre entre un trio de voyageurs et la Foi, qui leur apparaît sous forme d’une jeune femme. Les voyageurs sont transportés à un métropole oriental sans savoir où aller ou quoi faire. Il n’y a que des signes aléatoires qui mènent chacun d’entre eux sur un chemin différent. Toujours en mouvement, paranoïaques, ils vont plus loin à la recherche de l’équilibre.

On the edge of the abyss a troupe of three meets faith, who appears in the form of a young woman. They are transported to an eastern metropolis, not knowing where to go or what to do. Random signs are the only directions to follow and will lead each one of them on a different journey. In perpetual movement, paranoid, they go further in search of balance.

CAT EFFEKT | 2011 | 16 mm sur vidéo numérique | Russie/Allemagne/Brésil | 40′

Une femme parcourt seule les rues de Moscou. Elle monte et descend des trains de métro et des passages souterrains en route à une rencontre qui inclura la projection d’un film sur un chat. Et c’est tout, au moins, pour ceux qui croient que le narratif soit la chose la plus importante en cinéma. Il s’agit d’un film énigmatique qui se situe entre l’abstration et la transe.

A woman goes alone through the streets of Moscow, getting on and off subway trains and underground passages on her way to a meeting that includes a screening of a film about a cat. And that’s it; or so it is for those who believe the plot is the best part of cinema. An enigmatic film between abstraction and trance.

IN THE TRAVELER’S HEART | 2013 | 16mm | Lituanie/Allemagne/Brésil | 20′

L’hiver règne lorsque le Voyageur traverse à pied un paysage ancien. Ici il y a une autre présence, quelqu’un très similaire au Voyageur. Est-ce ce dernier conscient du personnage avec qui il partage cet espace ? Est-ce l’autre un ange gardien ou un démon ?

Winter reigns as the Traveler crosses by foot an ancient landscape. In this place there’s also another presence, someone who’s very similar to the Traveler. Is the Traveler aware of this figure that cohabits the same space as him? Is the other a guardian angel or a devil?

À PROPOS DE DISTRUKTUR :

Melissa Dullius et Gustavo Jahn ont fondé Distruktur en 2006 après avoir quitté le Brésil et emménagé à Berlin. Ils avaient commencé à faire des films en 1999, d’abord en super 8, puis en 16 mm. Après avoir rejoint le collectif LaborBerlin en 2007, ils ont introduit des méthodes artisanales dans leurs productions. En plus de concevoir et de produire leurs films, ils y apparaissent en tant qu’acteurs et musiciens, et s’occupent d’une grande partie du travail en laboratoire et de post-production.

L’œuvre de Distruktur, interdisciplinaire, se compose de films, d’installations, de performances, de photographies, d’écritures et de graphismes. Elle franchit les divisions entre art et film, expérimental et narratif, photographie et image en mouvement. Elle a été présentée dans de nombreux festivals et centres d’arts (Berlinale, Turin, le Festival international de Moscou, Videobrasil, New Museum de New York, Paço das Artes de São Paulo, le Centre d’art contemporain de Vilnius…)

l’Etna
71, rue Robespierre
93100 Montreuil, France
M°Robespierre
[après la grande porte, passer la cour, 1ère porte à droite sous le porche, puis à l’étage, à gauche]

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Distruktur ❖ Filmesperformance
mai 22, 2016, 12:02
Filed under: Agenda

Dimanche 29 mai 2016 à 20h30
Église Saint-Merri

ÉGLISE SAINT-MERRI
78 rue de la Verrerie
75004 PARIS

ici

Filmesperformance

Melissa Dullius et Gustavo Jahn ont fondé Distruktur en 2006 après avoir quitté le Brésil et emménagé à Berlin. Ils avaient commencé à faire des films en 1999, d’abord en super 8, puis en 16 mm. Après avoir rejoint le collectif LaborBerlin en 2007, ils ont introduit des méthodes artisanales dans leurs productions. En plus de concevoir et de produire leurs films, ils y apparaissent en tant qu’acteurs et musiciens, et s’occupent d’une grande partie du travail de laboratoire et de post-production.

L’œuvre de Distruktur, interdisciplinaire, se compose de films, d’installations, de performances, de photographies, de littératures et de graphismes. Y sont dépassées les divisions entre art et cinéma, expérimental et narratif, photographie et image en mouvement. Leur travail a été présenté dans de nombreux festivals et centres d’arts (Berlinale, Turin, le Festival international de Moscou, Videobrasil, New Museum de New York, Paço das Artes de São Paulo, le Centre d’art contemporain de Vilnius…).

À l’occasion de cette soirée unique à l’Église Saint-Merri, le Collectif Jeune Cinéma est heureux d’inviter le duo à présenter 3 performances composées, entre autres, de projections 16mm, cinéma élargi, interventions sonores et concert rock.

ÉTERNAU ALTERSTEREO
2011 / projection avec deux projecteurs 16 mm / couleur / son numérique / 25min

Éternau, c’est d’abord un film, un phantasme tropical multicolore rendant hommage – non sans ironie – à quelques clichés du cinéma du XXe siècle, aux vedettes excentriques et à l’éxotisme. La performance prend ce film comme point de depart, tout en se situant dans la pure tradition du cinéma élargi. Elle implique une double projection en 16 mm accompagnée d’un collage sonore.

FILME DE PEDRA
Projet en cours depuis 2012 / 16 mm / n&b / son en live / durée variable

Cette performance traite de la dimension mythique des pierres. Filmées dans le style du cinéma muet, des images dépeignent deux personnages nomades qui traversent des champs et des villes, évoluant au travers de plusieurs couches de la civilisation. En contrepoint, des portraits de pierres provenant de différents endroits et recuillies pendant des années. Les fréquences visibles et audibles des pierres y sont reproduites et amplifiées, accompagnées de musique, de paroles et de sons réalisés en direct.

NAVEGAÇÃO
Projet en cours depuis 2013 / projection avec deux projecteurs 16 mm / couleur / son en live / durée variable

Navegação (Navigation) est un concert de rock accompagné d’une cascade d’images. D’abord, l’écran reste noir, puis des images adviennent. Filmés, développés à la main et tirés par Distruktur au LaborBerlin, des essais, des films de voyage, des animations et divers fragments montés en sequence. On y croisera différents aspects de la recherche expérimentale dans le champ du cinéma photochimique, un navire qui navigue sur une mer de formes, de couleurs et de textures – un corps en mouvement.
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PETER GIDAL : FLARE OUT
mai 21, 2016, 11:56
Filed under: Agenda

MERCREDI 25 MAI, 19H00, au CENTRE POMPIDOU
EN PRÉSENCE DE PETER GIDAL ET MARK WEBBER

Depuis la fin des années 1960, l’artiste anglais Peter Gidal problématise à travers sa production filmique et théorique le regard que l’on pose sur le film en créant des œuvres qui résistent aux processus de reconnaissance et d’identification. Ses productions questionnent le film en tant qu’expériences inscrites dans la durée et rejettent tous types d’analyses psychologiques. Invité à l’occasion de la publication d’un recueil d’essais rédigés par l’artiste entre 1966 et 2016 – « Flare Out: Aesthetics 1966–2016 » -, Peter Gidal commentera une sélection de ses films dont Clouds (1969) ou encore Flare Out (1992), Volcano (2002) et Not Far At All réalisé en 2013. Séance suivie d’une conversation entre Peter Gidal et de Mark Webber (programmateur indépendant et éditeur – The Visible Press). Conversation en anglais.

Peter Gidal, Clouds, 1969, 16mm, nb, son, 10 min
Peter Gidal, Flare Out, 1992, 16mm, coul, son, 20 min
Peter Gidal, Volcano, 2002, 16mm, nb/coul, sil, 30 min
Peter Gidal, Not Far At All, 2013, 16mm, coul, son, 15 min

« Flare Out: Aesthetics 1966–2016 » est un recueil d’essais rédigés par Peter Gidal, incluant “Theory and Definition of Structural/Materialist Film” ainsi que d’autres discutant les travaux de Samuel Beckett, Thérèse Oulton, Gerhard Richter ou encore ceux de Andy Warhol. Tout au long de ses écrits, Peter Gidal définit les contours d’une esthétique à travers laquelle le théorique oscille entre politique et polémique. Peter Gidal est l’un des principaux réalisateurs de films expérimentaux en Grande Bretagne et fut, dès la fin des années 1960, une figure centrale de la London Film-Makers’ Co-operative. Il a enseigné la théorie du film au Royal College of Art de Londres. Parmi ses nombreux écrits sur le film et l’art, citons « Andy Warhol: Films and Paintings » (1971), “Understanding Beckett” (1986) ou encore “Materialist Film” (1989). http://www.thevisiblepress.com



Scratch Projection : HOMMAGE À MARGARET RASPÉ
mai 21, 2016, 11:53
Filed under: Agenda

Mardi 24 mai 2016 à 20h30
au Studio des Ursulines

En présence de Karola Gramann et Heide Schlüpmann.

Née en Allemagne en 1933, Margaret Raspé, peintre, performeuse et cinéaste fut influencée par l’actionnisme viennois ainsi que par le mouvement FLUXUS ce qui l’amena à fréquenter l’avant-garde viennoise tout en suivant des études aux Beaux-Arts de Munich puis à Berlin.

Dans les années 1970, elle développa le concept de « Filme mit dem Kamerahelm » en adaptant une caméra super 8mm sur un casque de chantier, ce qui lui permettait de filmer tout en ayant les mains libres, la caméra étant située devant son œil droit.

Ce dispositif lui permit de peindre, mener des travaux quotidiens tout en filmant simultanément.

« … le casque de caméra sur la tête, peindre et filmer simultanément. L’œil instrumentalisé fait perdre les repères… Je me partage en deux : d’un côté, la main physiquement détendue en train de peindre dans un actionnisme décontractée, de l’autre côté, l’observation concentrée et rationnelle à travers le viseur de la caméra… »

Cette séance sera l’occasion de percevoir une œuvre surprenante récemment redécouverte incluant des films rares et méconnus, montrés spécialement dans leur format d’origine, en super 8mm.

SCHWEINESSCHNITZEL / Escalope de Porc
1971 / super 8mm / coul / sil / 4′ 00

DER SADIST SCHLÄGT DAS EINDEUTIG UNSCHULDIGE
Le sadiste frappe ce qui est, sans équivoque, innocent

1971 / super 8mm / coul / sil / 6′ 00

OH TOD / WIE NAHRHAFT BIST DU
Oh mort, que tu es nourrissante

1972-1973 / super 8mm / coul / sil / 15′ 00

ALLE TAGE WIEDER – LET THEM SWING!
Let them swing tous les jours !

1974 / super 8mm / coul / sil / 19′ 00

BLAU AUF WEISS / RÄNDER UND RAHMEN
Bleu sur blanc, bords et cadres

1983 / super 8mm / coul / sil / 28′ 00

Studio des Ursulines
10, rue des Ursulines
75005 Paris, France
Metro Ligne 7 (Censier Daubenton), ou RER B (Luxembourg)



CARTE BLANCHE A L’ETNA
mai 18, 2016, 9:05
Filed under: Agenda, Mes films : projections

SAMEDI 21 MAI à 10 H 30 et 18 H
ESPACE MICHEL SIMON – MEDIATHEQUE GEORGES WOLINSKI – NOISY LE GRAND

Venir à NOISY : ici

L’ETNA sera à la médiathèque de Noisy-le-Grand samedi 21 mai.
– Atelier de téléphone portable à 10H30
– Projection à 18H
Il reste des places pour l’atelier et la projection !
Gratuit
Pour toute info et réservations pour l’atelier appelez Catherine Bareau : 07 81 61 40 19
Si vous voulez venir à la projection, inutile de réserver, vous pouvez joindre Catherine aussi sur son portable pour savoir comment venir.

PROGRAMME

De 10h30 à 13h30 : Atelier téléphone portable
animé par Florian Maricourt

Créer des petites formes de cinéma avec des vieux téléphones… un genre de cinéma-jouet, cinéma pauvre, cinéma de poche, cinéma ludique, cinéma à la main… A technique d’enregistrement différente, cinéma différent : ces appareils  »obsolètes » peuvent permettre de créer des formes photographiques et cinématographiques (cartes postales visuelles, haïkus filmés, etc). Les participants réaliseront un film court et personnel avec leurs téléphones portables (si possible ancien).
Possibilité de faire le montage avec Florian Maricourt l’après-midi à partir de 15H30. Atelier à partir de 12 ans.

A 18h Projection

En 16 mm et en numérique. En présence des cinéastes
Durée de la projection 1h30

Programme :

– Films de l’atelier du matin

– Films réalisés au téléphone portable (sélection de Florian Maricourt)

– L’en-dedans, de Philippe Cote Un film en couleur réalisé en « sténopé contact » sans caméra.

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– Mue(s), de Frédérique Menant J’ai traversé les solstices / Dans l’ombre, un souffle / Sous la peau, un passage

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– Dellamorte Dellamorte Dellamore, de David Matarasso
Une mosaïque d’images à partir de la bande annonce du film « Dellamorte Dellamore de Michele Sovi.

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– Retour à la rue d’Eole, six peintures populaires, de Maria Kourkouta
Un collage de films, poèmes et musique évoquant un voyage de retour à la Grèce contemporaine, au centre d’Athènes.

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BRAQUAGE propose…
mai 17, 2016, 11:11
Filed under: Agenda

jEUDI 19 MAI, à 19h

Lost Patrol de John Ford

La séance a lieu donc le jeudi 19 mai, à 19h, au 56 rue de la réunion. Elle sera présentée par Elodie Imbeau, programmatrice, cinéaste et travaillant à la Cinémathèque française.

Lost Patrol de John Ford
Avec : Victor McLaglen, Boris Karloff, Wallace Ford…
En 1917, en Mésopotamie, une patrouille traverse le désert, quand l’officier qui la commande est abattu par un tireur. Le groupe de soldats poursuit sa marche jusqu’à une oasis où les hommes sont assiégés par un ennemi invisible dans le désert.

l’Espace en cours 56 rue de la Réunion, M° Alexandre Dumas ou Buzenval

LUNDI 23 MAI, à 20h30, à l’espace En Cours.

Programmation De l’action, avec :
The Girl Chewing Gum, John Smith – 12′, 16mm
Passage à l’acte, Martin Arnold – 12′, 16mm
The Georgetown Loop, Ken Jacobs – 11′, 16mm
Razor Blades, Paul Sharits – 25′, 16mm (double écran)
Caméra! Moteur! Action! Coupez!, Maurice Lemaître – 4′, 16mm

​l’Espace en cours 56 rue de la Réunion, M° Alexandre Dumas ou Buzenval



LA CHASSE AU LION A L’ARC
mai 17, 2016, 11:04
Filed under: Agenda

Le mercredi 25 mai 2016 – 19h30
Auditorium du Musée de la Chasse et de la Nature
62 rue des Archives – 75003 Paris

LA CHASSE AU LION A L’ARC
Réal. : Jean Rouch (France- 1965 – 81′)
En écho à la saison thématique Safaris
Extrait : https://vimeo.com/82311814

« Les chasseurs Songhaï sont une caste héréditaire, eux seuls ont le droit de tuer le lion. Les bergers ne peuvent que lui lancer des pierres pour le faire fuir. Les Peuls estiment que le lion est nécessaire au troupeau, et savent identifier chaque lion à ses traces. Mais quand un lion exagère, quand il a mangé trop de bœufs, il faut le supprimer, parce que c’est un lion tueur », dit Jean Rouch. De 1957 à 1964, l’ethnologue cinéaste — amoureux d’un continent qu’il n’aura cessé de sillonner toute sa vie — suit les chasseurs Gao de la région de Yatakala, en Afrique de l’Ouest. Ce film retrace les épisodes de cette chasse où technique et magie sont intimement liées. Il commence sur la rive Gourma du Niger en remontant vers le nord dans la brousse qui est plus loin que loin, « le pays de nulle part ». Rouch n’aura jamais été aussi merveilleux conteur que dans ce safari tour à tour fantasmé et bel et bien réel, à redécouvrir sans cesse.

Cette projection s’inscrit dans le cadre du Mois des Cultures d’Afrique / MOCA (30 avril > 30 mai 2016) qui entend valoriser et célébrer aujourd’hui les pratiques culturelles et les disciplines artistiques issues des patrimoines africains et afros descendants, en mettant en lumière la créativité et leur dynamisme sur le territoire du Grand Paris. (www.ccafrique.org). La programmation cinéma est coordonnée par Belleville en vues Fabrique d’innovation sociale par le cinéma.

La séance est suivie d’un verre amical offert par le musée.
Le billet permet de visiter le musée gratuitement pendant un mois à compter de sa date d’émission.
Réservation conseillée auprès de Françoise Fesneau : 01 53 01 92 40 / conf-expo@chassenature.org
Règlement sur place le jour de la séance



Iris Film Collective presents END OF THE WORLD
mai 12, 2016, 7:35
Filed under: Agenda

Mercredi 18 mai 2016 à 21h
l’Etna
71, rue Robespierre
93100 Montreuil, France
M°Robespierre
[après la grande porte, passer la cour, 1ère porte à droite sous le porche, puis à l’étage, à gauche]

Une série de travaux de l’Iris Film Collective entièrement créée et présentée sur film 16mm noir et blanc développé à la main.

Créé en 2014, l’Iris Film Collective est un groupe d’artistes indépendants basés à Vancouver (Canada). Exposant et programmant de façon itinérante des travaux s’intéressant au média film – projection mono-écran, cinéma élargi, sculpture, installation – nous cherchons à augmenter la visibilité et l’accessibilité de l’art expérimental. Notre intérêt pour le film sur pellicule, à un moment où le medium glisse dans un modèle post-industriel, est central dans notre démarche.

Alors que le collectif cherche à fabriquer des films autour de la fin du monde en utilisant une longueur limitée de film noir et blanc, le niveau de la mer monte, les pôles magnétiques s’inversent, on contemple notre mort et celle de nos proches, remettant en question nos identités, nos représentations et l’idée du temps elle-même. Ce programme éclectique pousse les créateurs dans les retranchements de leurs techniques, et de leur imagination collective.

La séance sera présentée par Amanda Thomson, cinéaste membre de l’Iris Film Collective.
Les films parlant seront présentés en anglais sans sous-titres.

ENTRÉE LIBRE / buffet participatif

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PROGRAMME (durée totale 40′ environ) :

FLOOD | Ariel Kirk-Gushowaty | 16mm | 5′ | 2015

« Comment pouvez-vous espérer communiquer avec l’océan, quand vous vous ne pouvez même pas vous comprendre les uns les autres ? » – Stanisław Lem, Solaris

BEFORE, AFTER, AGAIN | Zoe Kirk-Gushowaty & Michèle Simone Smith | Performance à deux projecteurs 16mm | 7′ | 2015

Et si, alors que le ciel nous tombe dessus, il avait une forêt dans son dos ? Là où débuts et fins se retrouvent et se répètent.

TOTEM | Alex MacKenzie | 16mm | 5′ | 2015

De la chimie renversée crève l’émulsion du film… la journée est déjà bien avancée et nous avons trop attendu. L’homme contre la nature dans un combat jusqu’à la fin.

WE ARE HERE | Lisa g Nielsen | 16mm | 3′ | 2015

Selon le point de vue, la fin du monde est peut-être déjà là.

END | Sydney Southam | 16mm | 3′ | 2015

Un homme, le dernier homme, est seul sur la terre avec pour seuls compagnons ses hallucinations et son skateboard.

THE END | Amanda Thomson | 16mm | 5′ | 2015

Les pôles magnétiques s’inversent, et au début personne ne s’en rend compte. Le temps ne fut jamais une science exacte. Le film retrace la progression de la lumière et de la représentation, du naturel à l’artificiel. A la fin, toute signification se perd.

1 IN 64 BILLION | Ryder White | 16mm, son optique | 2’30 | 2015

La probabilité qu’une empreinte digitale corresponde à une autre est calculée comme étant de 1 sur 64 milliards. Est-ce que la question de la « fin du monde » implique réellement la perte du sens de soi ? Les humains pourront-ils dépasser la capacité de la planète à nous faire vivre par leur seule force de reproduction ?

THINGS HAVE CHANGED | John Woods | 16mm | 3’30 | 2015

Le moment où tu réalises que tes parents sont mortels.



Daniel Pommereulle ❖ One More Time / Vite
mai 10, 2016, 10:28
Filed under: Agenda

Jeudi 12 Mai à 20h00

Cinéma La Clef
34, rue Daubenton, 75005 Paris, France
Métro Censier Daubenton ligne 7

Disparu en décembre 2003, Daniel Pommereulle, sculpteur, peintre, poète, comédien et cinéaste, laisse une oeuvre diverse, complexe et surtout singulière et prémonitoire. Il fut associé aux « Objecteurs » selon la formule d’Alain Jouffroy. Malgré quelques grandes expositions, son oeuvre, sans aucun doute l’une des plus importantes de la seconde moitié du XXème siècle en France, reste secrète et méconnue. Dans les années 1980 à 1990, il travaille à l’agencement du verre, de la pierre et de l’acier, jouant sur la transparence, et devient surtout connu pour ses sculptures faites d’objects coupants et tranchants. Comme comédien, il a débuté dans La Collectionneuse d’Éric Rohmer en 1967 et joué dans une dizaine de films, dont La mariée était en noir de François Truffaut, Week-end de Jean-Luc Godard et Les Idoles de Marc’O. En 1972, il tourne dans La Cicatrice intérieure de Philippe Garrel, un cinéaste qu’il retrouvera vingt-sept ans plus tard pour Le Vent de la nuit, un constat amer sur l’engagement politique.

Son œuvre cinématographique reste la moins connue de sa production. Cette soirée sera l’occasion de combler ce manque avec la projection de One More Time et de Vite, deux films rares réalisés à la fin des années soixante et ayant récemment fait l’objet de numérisation de qualité. Ce sera aussi l’occasion de marquer la récente entrée au catalogue du Collectif Jeune Cinéma de plusieurs productions Zanzibar (des films de Jackie Raynal, Patrick Deval, Serge Bard, Frédéric Pardo).

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬PROGRAMME▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

► Introduction par Jackie Raynal (cinéaste) et Pablo Durán (écrivain)

►L’ABOLITION DE L’ART de Alain Jouffroy (France, 1968, 14’, 16mm sur fichier numérique)
« Nom : Jouffroy Prénoms : Alain Jean Marc Né le : 11 septembre 1928 à : Paris XIVème Nationalité : française Adresse : illégale Taille : 1.80 m Signe particulier : néant Signe général : depuis l’âge de 18 ans, espère un changement total du monde…. (…) » Alain Jouffroy, L’abolition de l’art
Réalisé en 1968, cet unique film de l’écrivain, artiste, poète et critique d’art Alain Jouffroy préfigure la radicalité de mai. L’abolition de l’art constitue une attaque en règle contre le culte de l’art et sa spécialisation, les figures du pouvoir et de la patrie. Alain Jouffroy a dirigé la revue XXe siècle, fondé Opus, la revue d’art internationale publiée par Georges Fall et publié de nombreux textes et livres sur l’avant-garde. Il fut un proche et fervent défenseur de Daniel Pommereulle.

► ONE MORE TIME (France, 1967, 8’, 35mm sur fichier numérique)
Une jeune femme a décidé de faire de sa mort un spectacle qu’elle va contempler pendant toute la durée du film. Nous assisterons à la longue et progressive descente d’une machine à suicide qui doit peut-être finir par lui transpercer la gorge.

► VITE (France, 1969, 33’, 35mm sur fichier numérique)
Financé par Sylvina Boissonnas, VITE fut le film le plus coûteux des productions Zanzibar. Trois ans avant, dans la Collectionneuse d’Eric Rohmer, Pommereulle et son ami Adrien philosophait autour de la question du Vide. C’est comme ci l’artiste avait ici transformé ce VIDE en VITE, marquant une profonde déception par rapport aux événements de Mai 1968, lançant une attaque au vitriol contre le monde occidental et déclarant une guerre à la lenteur. Le film est constitué de plans qui mettent en scène l’auteur accompagné d’un jeune garçon dans un paysage désertique du Maroc, ainsi que de plans de l’espace filmés depuis un télescope Questar.

► Pot d’amitiés



Autour de Vittorio De Seta
mai 10, 2016, 9:11
Filed under: Agenda

Mercredi 11 Mai à 15h00
École des hautes études en sciences sociales (EHESS)
190-198, avenue de France, 75013 Paris, France

En partenariat avec l’EHESS, la Société Française d’Anthropologie Visuelle (SFAV) organise une séance de films où il sera question de « documentaire et fiction » avec les films de De Seta et le Stromboli de Roberto Rossellini qui se font écho.

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Présentation :

Entre 1954 et 1959, Vittorio De Seta réalise dix documentaires sur la vie des paysans, des pêcheurs, des bergers et des mineurs en Sicile, en Sardaigne et dans les îles Éoliennes. À cette époque, après la Seconde Guerre mondiale, l’influence du néoréalisme ne cesse d’inspirer la création cinématographique italienne, au point de tisser entre le documentaire et la fiction des interactions fécondes.

Ainsi, Roberto Rossellini, dans son film de fiction Stromboli, incorpore des scènes documentaires de l’âpre vie des populations de l’île du volcan. De Seta, en 1961, réalise lui aussi sur le mode fictionnel son premier long métrage, Banditi a Orgosolo, où il expose une réalité sarde qui bascule dans le passé.

Séance organisée par la Société Française d’Anthropologie Visuelle (SFAV) et la Direction de l’image et de l’audiovisuel de l’EHESS.

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Programme :

Présentation et modération par Jean-Claude Penrad (EHESS)
Discussion avec Vincent Sorrel, cinéaste (Le cinéaste est un athlète, conversations avec Vittorio De Seta) et enseignant-chercheur (Ardèche Images/Université de Lausanne)

Projections de plusieurs court-métrages documentaires et d’extraits de la première fiction de Vittorio De Seta :
I Dimenticati (1959, 20’)
Pasqua in Sicilia (1955, 11’)
Pastori a Orgosolo (1958, 11’)
Banditi a Orgosolo, (1961, 98’)
Contadini del mare (1955, 10’)

À partir de 18h00 : Projection de Stromboli de Roberto Rossellini (1950, 107′)



L’ANGLE DU MONDE – Fabrication d’un film tourné à Ouessant, Molène et Sein
mai 4, 2016, 11:26
Filed under: Mes films : photogrammes, Mes films : projections

L’ANGLE DU MONDE – Fabrication d’un film tourné à Ouessant, Molène et Sein

En 2005, je pars à Ouessant, je prends une caméra super8 et un pied, avec l’envie de retourner sur cet endroit autrefois filmé par Jean Epstein, de diriger ma caméra vers des paysages et des gens, de me laisser surprendre par ce qui se présente… revenir aux simples gestes de tourner, monter et projeter en super8.
Par la suite cette manière de faire m’emmena dans plusieurs voyages, aux îles du Ponant, et dans les Alpes, puis plus lointains : Laos, Inde, Népal, Nord Canada, Mexique ( Sierra Tarahumara )…

Un an avant, j’écrivais : “ Le film ne revendique rien, ne recherche aucune virtuosité, n’est prétexte à aucune stratégie personnelle, n’est au service d’aucun discours autre que ce qu’il figure. C’est à partir de cette neutralité que s’affirme avec force la présence du cinéaste, dans la soustraction, dans le moins disant, dans l’élimination de tout ce qui est extérieur à la réalité du film comme expérience personnelle.”
(Avril 2006 – Exploding 10+1 Etat des yeux )

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A l’aube, je place ma caméra sur pied, je fais mon cadre sur un abri sur pilotis en contre jour, face à la mer, dessinant une présence fantomatique. Le centre du cadre, occupé par une intense masse noire, laisse la possibilité d’un appel, d’une apparition. Le plan est réalisé le temps d’une cartouche super8 de trois minutes. D’abord vide, le cadre se remplit d’une apparition, d’abord peu reconnaissable. De la masse noire, surgit petit à petit un bateau.

Le film sera d’une expression rudimentaire, élémentaire : simple agencement de séquences présentées dans leur forme originelle, conforme aux gestes qui les ont fait naître : les plans débutent par le geste d’enregistrement et se terminent par le geste qui le clôt.

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Le bateau se dirige vers Molène et Ouessant. Nous quittons le continent et nous apercevons le phare à la pointe du Conquet, dernière attache avec la terre… Je filme depuis l’intérieur du bateau, que la houle fait tanguer, les embruns retombent en pluie fine sur le ponton.
Le plan exprime dialectiquement des qualités contraires : d’une part le stable et le solide (le phare, la terre, le bateau), d’autre part l’instable et le fluide (la houle, les embruns).

J’arrête de tourner, laissant irrésolue la coexistence de ces différents motifs. Cette suspension laisse ainsi émerger un manque, invitation pour le spectateur à venir habiter le film selon son propre regard désirant.

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Je filme quelques silhouettes au travers d’une vitre. La séquence est comme un théâtre d’ombres, un retour au cinéma primitif

«Etre là », mais toujours à une certaine distance de ce qui se déroule. Je suis animé par le désir contradictoire de participer à un environnement sans me l’approprier ou y intervenir.

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L’enregistrement est ce moment où se conjugue le regard, ce que je vois, et ma respiration, qui accompagne le défilement des photogrammes dans la caméra, rythme et mesure la durée du plan.

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Le cinéma révèle et fait ressentir des états difficilement perceptibles ordinairement : la fuite du temps, la circulation et la métamorphose des éléments…
A Ouessant, je fais l’expérience de la sensation d’être immergé dans les éléments. L’eau, la terre, le ciel, la lumière sont en perpétuelle métamorphose et interaction, dans un mouvement fait d’accélérations et décélérations. Des phénomènes lumineux, cônes et lignes de lumière, apparaissent et disparaissent sans cesse…

Je cherche ce point de contact où le paysage est capable de toucher et de révéler un espace intime.

J’expérimente des formes de description que j’ai peu pratiquées auparavant. Enregistrés image par image, le mouvement des nuages et les changements de la lumière marquent ainsi leur présence active, cosmique…

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Filmant de préférence à l’aurore ou au crépuscule, je cherche à capter ces instants où le réel vacille.

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Lors du tournage d’un plan au crépuscule, un phénomène lumineux se glisse dans le champ de la caméra sous la forme d’une traînée lumineuse. Celle-ci parcourt le temps du plan, l’intégralité du cadre et se perd dans le lointain. Faire mon cadre, c’est créer cet espace où je peux trouver ma place. Filmer, c’est enregistrer ces moments de basculement où le réel me fait signe, c’est être là au bon moment.

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Mes images, alternativement en noir et blanc ou en couleur, sous-exposées en basses lumières rendent compte de l’opacité de la matière.
Exposer un film à la lumière, c’est supporter un accident. L’argentique suppose l’attente du développement qui peut prendre plusieurs semaines. Longtemps après le tournage, des monochromes bleus et gris se révèlent… fruits de la rencontre entre la pellicule impressionnée et les basses lumières recherchées.

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Ici, le noir et blanc très contrasté dessine des lignes de force entre l’immensité du ciel et la terre. On n’y distingue pas les détails. L’utilisation du grand angle, en redéfinissant les échelles, brouille les repères. Enfin, le cadre décentré souligne le déséquilibre entre le ciel et la terre : à la lisière, quelques ombres d’habitations…

(Philippe Cote – Avril 2014)