Philippe Cote


Miró vu par Portabella
mai 30, 2016, 11:25
Filed under: Agenda

Samedi 4 Juin à 17h40

Cinéma Ermitage Fontainebleau
6 rue de France, 77300 Fontaineblea

Séance en présence du cinéaste, dans le cadre du Festival d’histoire de l’art de Fontainebleau.

Ce double programme présente les oeuvres de deux des plus importantes figures du cinéma d’avant-garde espagnol, José Val del Omar et Pere Portabella. Ces deux corpus portent des regards très différents sur l’art : dans le cas de Val del Omar et de son « Triptyque élémentaire d’Espagne », il s’agit avant tout d’une appropriation lyrique des traditions artistiques espagnoles, englobant aussi bien la culture populaire (le flamenco est par exemple très présent dans Aguaespejo granadino) que l’histoire de l’art (Fuego en Castilla a été tourné au Musée National de la Sculpture de Valladolid). Portabella porte quant à lui un regard plus critique sur l’art, dans cet ensemble de quatre documentaires réalisés sur et autour de Miró, se focalisant sur les questions de réception et de production des oeuvres.

Là où Val del Omar aspire à mettre en accord cinéma et mystique dans ce qu’il appellera
« mécamystique », Portabella est avant tout un cinéaste démystificateur. Toute son oeuvre est soustendu par une critique de l’art et de la société fondée sur une déconstruction matérialiste du médium cinématographique. Dans ses documentaires sur l’art, de facture plus classique que des oeuvres telles que Vampir cuadecuc (1970) ou Umbracle (1972), c’est la production et la réception de l’art qui interrogent son statut traditionnel. Ce regard critique porté sur et à travers l’art est bien illustré par une série de films de commande consacrés à Joan Miro. A l’occasion de l’exposition rétrospective « Miro l’altre » organisée par le Collège Officiel d’Architectes de Catalogne (COAC) à Barcelone en 1969 en réponse à une exposition sur l’artiste conçue par le Ministère d’Information et de Tourisme franquiste à laquelle Miro ne se rendit pas, Portabella réalise deux films qui sont comme l’envers et l’endroit de l’art espagnol de cette période.

Le premier, Premios nacionales nous montre les toiles lauréates du Prix National de Peinture entre 1941 et 1969 entreposées à la Bibliothèque Nationale de Madrid, telles que des marchandises éphémères transportées par les manutentionnaires, le tout accompagné avec ironie par des airs d’opérette (zarzuela). Miró l’altre qui reprend le titre de l’exposition se situe aux antipodes de Premios nacionales : il s’agit du film le plus expérimental de la trilogie consacrée à Miró, tant dans son montage qui fait la part belle à la répétition que dans sa musique elle aussi minimaliste composée par Carles Santos. Le film a une assez forte dimension subversive, la création de l’oeuvre est ici liée à sa destruction : Portabella filme l’intervention de Miró sur la façade du Collège puis la destruction de l’œuvre par le peintre et ses assistants. L’effacement de cette peinture murale était une idée de Portabella que Miró accepta avec enthousiasme. La production et la disparition sont saisies dans un même geste critique face à l’art comme valeur établie.

Dans les deux films suivants, commandés en 1973 par la Galerie Maeght à l’occasion d’une exposition organisée par le Ministère des Affaires Culturelles français au Grand Palais, c’est l’artiste lui-même qui disparaît : Miró, la forja et Miró tapis documentent, dans une esthétique bien plus proche du cinéma direct, attentive à la durée propre des processus filmés, la production d’oeuvres de Miró par des artisans : des sculptures en bronze et une tapisserie monumentale. Les deux films posent la question des limites de l’art : les producteurs des oeuvres sont interrogés sur leur statut : se considèrent-ils comme artistes ou artisans ?

Séance présentée par Lucía Méndez.

Premios nacionales (1969), 4′, Miró l’altre (1969), 15′, Miró la forja (1973), 23′, Miró tapis (1973), 21′

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Triptyque élémentaire d’Espagne – José Val del Omar
mai 30, 2016, 11:23
Filed under: Agenda

Samedi 4 Juin à 14 H

Cinéma Ermitage Fontainebleau
6 rue de France, 77300 Fontainebleau

Séance en présence de Piluca Baquero Val del Omar et Gonzalo Sáenz de Buruaga, dans le cadre du Festival d’histoire de l’art de Fontainebleau.

Ce double programme présente les oeuvres de deux des plus importantes figures du cinéma d’avant-garde espagnol, José Val del Omar et Pere Portabella. Ces deux corpus portent des regards très différents sur l’art : dans le cas de Val del Omar et de son « Triptyque élémentaire d’Espagne », il s’agit avant tout d’une appropriation lyrique des traditions artistiques espagnoles, englobant aussi bien la culture populaire (le flamenco est par exemple très présent dans Aguaespejo granadino) que l’histoire de l’art (Fuego en Castilla a été tourné au Musée National de la Sculpture de Valladolid). Portabella porte quant à lui un regard plus critique sur l’art, dans cet ensemble de quatre documentaires réalisés sur et autour de Miró, se focalisant sur les questions de réception et de production des oeuvres.

Entre 1955 et 1961 José Val del Omar réalise son « Triptyque élémentaire d’Espagne », trois documentaires expérimentaux qui chacun associe une région et un élément : l’eau et Grenade dans Aguaespejo granadino (1955), le feu et Castille dans Fuego en Castilla (1960), la terre et la Galice dans Acariño galaico (1961).

Ces trois films sont essentiellement lyriques et visionnaires : comme le dit le cinéaste, il s’agit de dépasser le statut purement documentaire de l’image pour atteindre au mystère et à l’élémentaire (1). A ces fins, Val del Omar ne crée pas à partir du néant, mais prend appui sur les traditions artistiques de son pays, englobant aussi bien la culture populaire – le flamenco est par exemple très présent dans Aguaespejo granadino – que l’histoire de l’art, mêlant ainsi les œuvres aux forces naturelles.

Il s’agit bien d’animer les œuvres, de capter le mouvement intrinsèque et latent de ces représentations immobiles et d’atteindre ainsi l’extase (« Qu’est-ce que l’extase ? L’image arrêtée, mais en mouvement (2) »). Ainsi Acariño galaico présente les œuvres du sculpteur Arturo Baltar, qui apparaît lui aussi à l’écran comme une sorte de sculpture vivante. Dans Fuego en Castilla, les œuvres du Musée National de Sculpture de Valladolid, notamment celles d’Alonso Berruguete, ainsi que quelques détails issus de toiles du Greco (3), sont portés à l’incandescence par un système d’éclairage stroboscopique (la « tactilvision ») qui semble leur insuffler vie. Dans Aguaespjo granadino, c’est l’architecture (l’Alhambra), la musique (le flamenco et Manuel de Falla) et la poésie (l’on relève dans le texte du film des références à Lorca) qui sont prises dans une même fluidité aquatique. La démarche de Val del Omar consiste donc à s’imprégner de ce patrimoine artistique espagnol, à le sublimer dans un rapport qui n’est pas de déférence passive mais de fascination active, qui mêle un fonds culturel traditionnel et une recherche radicale d’innovation esthétique, qui passe par la transformation du dispositif cinématographique lui-même par des procédés mis au point par l’auteur tels que la « diaphonie » (le son est spatialisé avec deux sources sonores divergentes) ou le « débordement apanoramique de l’écran » (l’image déborde le cadre de l’écran pour investir tout l’espace de la salle).

Séance présentée par Boris Monneau.

Acariño galaico (1961), 25′
Fuego en Castilla (1960), 18′
Aguaespejo granadino (1955), 21′

(1) José Val del Omar, Tientos de erotica celeste, Diputacion Provincial de Granada, 2012, p. 24.
(2) José Val del Omar, « Optica bionica energetica ciclo-tactil », Escritos de tecnica, poetica y mistica, Madrid : Ediciones de La Central : MNCARS, 2010, p. 149.
(3) Nous avons tenté un recensement, aussi complet que possible, des œuvres reprises dans ce film : https://arrebato.wordpress.com/2016/01/18/iconographie-de-fuego-en-castilla-jose-val-del-omar-1960/



Film : Ecoute voir, Minimalistes
mai 30, 2016, 11:10
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Mercredi 1 er Juin à 19 H – Centre Pompidou

C’est à l’histoire des inventions sonores au cinéma que nous convie le cycle de films « Ecoute voir », au croisement de la musique et du cinéma, de la technique, dans le sillage des compositeurs et des cinéastes les plus inventifs. Pensé comme un prolongement de l’ouvrage de Philippe Langlois, Les Cloches d’Atlantis, musique électroacoustique et cinéma, archéologie et histoire d’un art sonore paru aux éditions MF en juin 2012, ce cycle programmé chaque mois durant toute l’année 2016, fait la part belle aux dispositifs de sonorisation du cinéma muet, aux manipulations du son qui découlent de l’usage de la piste optique, aux inventions et expérimentations sonores et musicales en tout genre. De la fiction aux films documentaires, du cinéma d’animation aux films expérimentaux, un champ ténu de convergence s’élabore où se dessine une forme de préhistoire des musiques électroacoustiques et expérimentales.

Dans les années 1960 et 1970, une jonction s’opère entre la sphère du cinéma américain indépendant et le milieu de la musique avant-gardiste esquissant les contours d’une nouvelle catégorie, à la fois cinématographique et musicale, désignée sous différents termes tel que structuralisme, minimalisme ou encore plus communément en tant que mouvement répétitif américain. En pleine émulation, ces deux disciplines se rencontrent, se questionnent pour finalement s’enrichir mutuellement, interrogeant les fondements technologiques d’un art temporel sur support qui investit plus généralement les composantes même du dispositif cinématographique et de la musique électroacoustique. Il s’agit tout autant de questionner les notions de diffusion, de ruban —la pellicule/la bande magnétique— que de se confronter à ses composantes temporelles les plus infimes : le photogramme, la couleur, le flicker —clignotement— ainsi que les composantes sonores, le timbre, la hauteur, la durée, etc., recourant à ses artefacts spécifiques comme l’utilisation de la permutation, de la boucle, de la répétition, du déphasage… Les œuvres qui résultent de cette rencontre constituent autant d’indices sur lesquels se déploie les spécificités du film et des expérimentations musicales américaines. Cette séance, placée sous le signe des premières rencontres entre les grandes figures du cinéma expérimental et de la musique minimaliste rend hommage à l’artiste américain récemment disparu, Tony Conrad. Séance présentée par Philippe Langlois (musicologue) et David Sanson (auteur et musicien).

Tony Conrad, Four Violins, 1964, extrait sonore, 5min
Richard Serra, Hand Catching Lead, 1968, 16mm (transféré sur video), nb, sil, 3min
Robert Nelson, Plastic Haircut, 1963, 16mm, nb, son, 16min
Standish Lawder, Corridor, 1970, 16mm, nb, son, 22.25min
John Whitney, Matrix III, 1972, 16mm, coul, son 12min
Robert Withers & Meredith Monk, 16 Millimeter Earrings, 1979, 16mm, coul, son, 25min



STRAUB ET HUILLET artisans cinéastes
mai 24, 2016, 2:45
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Centre Pompidou du 27 Mai au 3 Juillet

Site cinéaste : ici



l’Etna invite DISTRUKTUR
mai 24, 2016, 2:36
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Projection exceptionnelle
samedi 28 mai 2016 à 21h

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Projection exceptionnelle de trois films du duo brésilien-allemand DISTRUKTUR. Cet événement fait partie d’une série d’événements dont une performance à l’Église Saint-Merry le 29 mai 2016, en partenariat avec le Collectif Jeune Cinéma.

La séance sera suivie d’un débat avec les cinéastes.
Les films parlants seront projetés en anglais sans sous-titres ou avec sous-titres anglais.

ENTRÉE LIBRE
buffet participatif

AU PROGRAMME :

TRIANGULUM | 2008 | 16 mm sur vidéo numérique | Egypte/Allemagne/Brésil | 22′

Au bord d’un abîme se fait une rencontre entre un trio de voyageurs et la Foi, qui leur apparaît sous forme d’une jeune femme. Les voyageurs sont transportés à un métropole oriental sans savoir où aller ou quoi faire. Il n’y a que des signes aléatoires qui mènent chacun d’entre eux sur un chemin différent. Toujours en mouvement, paranoïaques, ils vont plus loin à la recherche de l’équilibre.

On the edge of the abyss a troupe of three meets faith, who appears in the form of a young woman. They are transported to an eastern metropolis, not knowing where to go or what to do. Random signs are the only directions to follow and will lead each one of them on a different journey. In perpetual movement, paranoid, they go further in search of balance.

CAT EFFEKT | 2011 | 16 mm sur vidéo numérique | Russie/Allemagne/Brésil | 40′

Une femme parcourt seule les rues de Moscou. Elle monte et descend des trains de métro et des passages souterrains en route à une rencontre qui inclura la projection d’un film sur un chat. Et c’est tout, au moins, pour ceux qui croient que le narratif soit la chose la plus importante en cinéma. Il s’agit d’un film énigmatique qui se situe entre l’abstration et la transe.

A woman goes alone through the streets of Moscow, getting on and off subway trains and underground passages on her way to a meeting that includes a screening of a film about a cat. And that’s it; or so it is for those who believe the plot is the best part of cinema. An enigmatic film between abstraction and trance.

IN THE TRAVELER’S HEART | 2013 | 16mm | Lituanie/Allemagne/Brésil | 20′

L’hiver règne lorsque le Voyageur traverse à pied un paysage ancien. Ici il y a une autre présence, quelqu’un très similaire au Voyageur. Est-ce ce dernier conscient du personnage avec qui il partage cet espace ? Est-ce l’autre un ange gardien ou un démon ?

Winter reigns as the Traveler crosses by foot an ancient landscape. In this place there’s also another presence, someone who’s very similar to the Traveler. Is the Traveler aware of this figure that cohabits the same space as him? Is the other a guardian angel or a devil?

À PROPOS DE DISTRUKTUR :

Melissa Dullius et Gustavo Jahn ont fondé Distruktur en 2006 après avoir quitté le Brésil et emménagé à Berlin. Ils avaient commencé à faire des films en 1999, d’abord en super 8, puis en 16 mm. Après avoir rejoint le collectif LaborBerlin en 2007, ils ont introduit des méthodes artisanales dans leurs productions. En plus de concevoir et de produire leurs films, ils y apparaissent en tant qu’acteurs et musiciens, et s’occupent d’une grande partie du travail en laboratoire et de post-production.

L’œuvre de Distruktur, interdisciplinaire, se compose de films, d’installations, de performances, de photographies, d’écritures et de graphismes. Elle franchit les divisions entre art et film, expérimental et narratif, photographie et image en mouvement. Elle a été présentée dans de nombreux festivals et centres d’arts (Berlinale, Turin, le Festival international de Moscou, Videobrasil, New Museum de New York, Paço das Artes de São Paulo, le Centre d’art contemporain de Vilnius…)

l’Etna
71, rue Robespierre
93100 Montreuil, France
M°Robespierre
[après la grande porte, passer la cour, 1ère porte à droite sous le porche, puis à l’étage, à gauche]

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Distruktur ❖ Filmesperformance
mai 22, 2016, 12:02
Filed under: Agenda

Dimanche 29 mai 2016 à 20h30
Église Saint-Merri

ÉGLISE SAINT-MERRI
78 rue de la Verrerie
75004 PARIS

ici

Filmesperformance

Melissa Dullius et Gustavo Jahn ont fondé Distruktur en 2006 après avoir quitté le Brésil et emménagé à Berlin. Ils avaient commencé à faire des films en 1999, d’abord en super 8, puis en 16 mm. Après avoir rejoint le collectif LaborBerlin en 2007, ils ont introduit des méthodes artisanales dans leurs productions. En plus de concevoir et de produire leurs films, ils y apparaissent en tant qu’acteurs et musiciens, et s’occupent d’une grande partie du travail de laboratoire et de post-production.

L’œuvre de Distruktur, interdisciplinaire, se compose de films, d’installations, de performances, de photographies, de littératures et de graphismes. Y sont dépassées les divisions entre art et cinéma, expérimental et narratif, photographie et image en mouvement. Leur travail a été présenté dans de nombreux festivals et centres d’arts (Berlinale, Turin, le Festival international de Moscou, Videobrasil, New Museum de New York, Paço das Artes de São Paulo, le Centre d’art contemporain de Vilnius…).

À l’occasion de cette soirée unique à l’Église Saint-Merri, le Collectif Jeune Cinéma est heureux d’inviter le duo à présenter 3 performances composées, entre autres, de projections 16mm, cinéma élargi, interventions sonores et concert rock.

ÉTERNAU ALTERSTEREO
2011 / projection avec deux projecteurs 16 mm / couleur / son numérique / 25min

Éternau, c’est d’abord un film, un phantasme tropical multicolore rendant hommage – non sans ironie – à quelques clichés du cinéma du XXe siècle, aux vedettes excentriques et à l’éxotisme. La performance prend ce film comme point de depart, tout en se situant dans la pure tradition du cinéma élargi. Elle implique une double projection en 16 mm accompagnée d’un collage sonore.

FILME DE PEDRA
Projet en cours depuis 2012 / 16 mm / n&b / son en live / durée variable

Cette performance traite de la dimension mythique des pierres. Filmées dans le style du cinéma muet, des images dépeignent deux personnages nomades qui traversent des champs et des villes, évoluant au travers de plusieurs couches de la civilisation. En contrepoint, des portraits de pierres provenant de différents endroits et recuillies pendant des années. Les fréquences visibles et audibles des pierres y sont reproduites et amplifiées, accompagnées de musique, de paroles et de sons réalisés en direct.

NAVEGAÇÃO
Projet en cours depuis 2013 / projection avec deux projecteurs 16 mm / couleur / son en live / durée variable

Navegação (Navigation) est un concert de rock accompagné d’une cascade d’images. D’abord, l’écran reste noir, puis des images adviennent. Filmés, développés à la main et tirés par Distruktur au LaborBerlin, des essais, des films de voyage, des animations et divers fragments montés en sequence. On y croisera différents aspects de la recherche expérimentale dans le champ du cinéma photochimique, un navire qui navigue sur une mer de formes, de couleurs et de textures – un corps en mouvement.
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PETER GIDAL : FLARE OUT
mai 21, 2016, 11:56
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MERCREDI 25 MAI, 19H00, au CENTRE POMPIDOU
EN PRÉSENCE DE PETER GIDAL ET MARK WEBBER

Depuis la fin des années 1960, l’artiste anglais Peter Gidal problématise à travers sa production filmique et théorique le regard que l’on pose sur le film en créant des œuvres qui résistent aux processus de reconnaissance et d’identification. Ses productions questionnent le film en tant qu’expériences inscrites dans la durée et rejettent tous types d’analyses psychologiques. Invité à l’occasion de la publication d’un recueil d’essais rédigés par l’artiste entre 1966 et 2016 – « Flare Out: Aesthetics 1966–2016 » -, Peter Gidal commentera une sélection de ses films dont Clouds (1969) ou encore Flare Out (1992), Volcano (2002) et Not Far At All réalisé en 2013. Séance suivie d’une conversation entre Peter Gidal et de Mark Webber (programmateur indépendant et éditeur – The Visible Press). Conversation en anglais.

Peter Gidal, Clouds, 1969, 16mm, nb, son, 10 min
Peter Gidal, Flare Out, 1992, 16mm, coul, son, 20 min
Peter Gidal, Volcano, 2002, 16mm, nb/coul, sil, 30 min
Peter Gidal, Not Far At All, 2013, 16mm, coul, son, 15 min

« Flare Out: Aesthetics 1966–2016 » est un recueil d’essais rédigés par Peter Gidal, incluant “Theory and Definition of Structural/Materialist Film” ainsi que d’autres discutant les travaux de Samuel Beckett, Thérèse Oulton, Gerhard Richter ou encore ceux de Andy Warhol. Tout au long de ses écrits, Peter Gidal définit les contours d’une esthétique à travers laquelle le théorique oscille entre politique et polémique. Peter Gidal est l’un des principaux réalisateurs de films expérimentaux en Grande Bretagne et fut, dès la fin des années 1960, une figure centrale de la London Film-Makers’ Co-operative. Il a enseigné la théorie du film au Royal College of Art de Londres. Parmi ses nombreux écrits sur le film et l’art, citons « Andy Warhol: Films and Paintings » (1971), “Understanding Beckett” (1986) ou encore “Materialist Film” (1989). http://www.thevisiblepress.com