Philippe Cote


Beat Generation
septembre 5, 2016, 2:23
Filed under: Agenda

Centre Pompidou – 23/24/25/26 Septembre et 30/1er et 2 Octobre

En écho à l’exposition Beat Generation (du 22 juin au 3 octobre 2016), ce cycle de projections et de rencontres propose de revenir sur l’influence de la pensée beat sur l’avant-garde cinématographique américaine et européenne de la seconde moitié du 20 siècle. D’Ouest en Est, de San Francisco à New York, en passant par le Mexique, Tanger ou encore Paris, les principales figures de ce mouvement artistique et littéraire se sont emparés du film pour en faire le lieu d’un renouvellement de leurs expérimentations. Qu’ils aient été devant ou derrière la caméra, les poètes, écrivains et artistes de la Beat Generation ont façonné en image une histoire dont ils ont été les acteurs principaux. Complexes et hétérogènes – de Bruce Conner, Wallace Berman, Ruth Weiss ou encore Larry Jordan à Harry Smith, Ron Rice, Robert Frank et le trio Burroughs, Gysin, Balch – leurs productions filmiques permettent aujourd’hui de saisir d’un regard cette communauté portée par un désir d’expérimenter leur existence au monde.

The Beginning of Bop

23 septembre 2016, à 20h00 (2h00)

« Beat means Beatitude, not beat up. You feel this. You feel it in a beat, in jazz – real cool jazz». Jack Kerouac

Hormis le fait de partager un élément de langage, la Beat Generation et le jazz sont inhérents l’un à l’autre dans les années 1950. Kerouac, Ginsberg et Burroughs allaient voir jouer Charlie Parker et Dizzy Gillespie dans la 52ème rue de New York. La ville est d’ailleurs une thématique associée au jazz et abordée par les artistes: Bop Scotch (Belson, 1952) ou encore Bridges Go-Round (Clarke, 1958) dont la musique de Teo Macero renforce l’idée d’errance de club de jazz en club de jazz. Cette musique partage certains idéaux de la Beat Generation: un idéal de liberté (All my life, 1966) comme les protagonistes de Sur la Route (Kerouac, 1957), mais aussi d’innovations techniques où la pellicule est grattée, lacérée, peinte (Scratch Pad, 1960) à la manière de la technique du Cut-up de William Burroughs. De même que la poésie est au centre de la littérature Beat, elle est souvent associée au jazz, par sa diction, sa respiration, ses idées (Charlie Parker, 1959). L’image du Beatnik, bohème amateur de jazz, est aussi sujet d’amusement et de moquerie, à l’image de cette fausse interview du (faux) musicien Shorty Petterstein (mot-valise constitué des noms de musiciens de jazz Wayne Shorter et Oscar Peterson). Mal coiffé, les mains dans les poches, réponses évasives avec un argot bien spécifique, battant la mesure du pied, le Beatnik répond à la question comment devient ont musicien de jazz: « Well, you know, if a cat wants to blow and he wants to blow, and uh then he’s got to have a scene where he can blow ».

Séance en présence de la saxophoniste et musicienne de Jazz Géraldine Laurent qui interviendra sur les Early Abstractions (1939-56) du cinéaste américain Harry Smith.

Jack Kerouac, Charlie Parker, 1959, pièce sonore, 3min42
Patricia Marx, Things to Come, 1953, 16mm, coul, son, 3min
Jordan Belson, Bop Scotch, 1952, 16mm (transféré sur fichier num), coul, son, 3min
Hy Hirsh, Scratch pad, 1960, 16mm, coul, son, 9min
Larry Jordan, Portrait of Sharon, 1963, 16mm, coul, son, 9min
Shirley Clarke, Bridges-Go-Round, 1958, 16mm, coul, son, 4min (version Teo Macero)
Stan Vanderbeek, Poem Field #2, 1962, 16mm, coul, son, 6min
Bruce Baillie, All my Life, 1966, 16mm, coul, son, 3min
Harry Smith, Early Abstractions, 1939-56, 16mm, coul, son, 22min

A l’extérieur de la salle de cinéma : Ernest Pintoff, The Interview of Shorty Petterstein, 1960, 16mm, coul, son, 5min (loop)

     West Coast connection / San Francisco Poetry  

      24 septembre 2016, à 16h00 (1h45)

Dans les années 1950, la côte ouest américaine est le lieu de prédilection des auteurs, artistes et libres penseurs de la Beat Generation. Symbole de ce renouveau intellectuel et artistique américain dans l’après-guerre, le quartier de North Beach à San Francisco est devenu un temps le point de rencontre de ces différentes aspirations qui ont par la suite bouleversé de manière profonde la culture américaine.

Née en 1928, ruth weiss fuit l’Allemagne nazie pour trouver refuge aux Etats Unis. Après un retour en Europe en 1946, elle décide de s’installer définitivement en Amérique, à Chicago où, dans un premier temps, elle expérimente des rapprochements entre musique jazz et poésie. Attirée par l’effervescence artistique en cours à San Francisco, la poète rejoint les principales figures de la Beat Generation dont Jack Kerouac avec qui elle étreint, dès 1952, une amitié traduite dans ce qu’elle nomme « un dialogue de Haiku ». Poétesse, performeuse, scénariste et artiste, ruth weiss écrit en 1960 The Brink, un poème dont son ami, le peintre Paul Beattie lui demande d’en tirer un scénario pour un film éponyme qui sera réalisé l’année suivante avec sa complicité à San Francisco.

ruth weiss, poème sonore, 5-10min (vo)
Dion Vigne, North Beach, 1958, 16mm, nb, son, 5min
Larry Jordan, Visions of a City, 1957.79, 16mm, nb, son, 11min
Paul Beattie, Scenes from the Tap City Circus, 1960, 16mm (transféré sur fichier num), nb, sil, 4.40min
ruth weiss, The Brink, 1961, 16mm (transféré sur fichier num), nb, son, 40min (vo)

Séance présentée par Rani Singh, commissaire associée de l’exposition Beat Generation (Centre Pompidou, Galerie 1, du 21 juin au 3 octobre 2016) et Principal Project Specialist, Modern and Contemporary collections, Getty Research Institute (Los Angeles). Présentation en anglais.

West Coast connection / Bruce Baillie

24 septembre 2016, à 18h00 (1h45)

Le cinéaste américain Bruce Baillie (1931-) est l’un des plus grands poètes du cinéma américain indépendant. Parcourue par une sensibilité remarquable pour la forme, la texture de l’image et la couleur, son œuvre, profondément poétique et lyrique, traduit les conflits qui se nouent dans la rencontre de la nature et de la civilisation occidentale. Élégiaques et héroïques, To Parsifal (1963), Mass for the Dakota Sioux (1963-64) et Quixote (1964-65) sont souvent considérés comme les films de la maturité artistique de Bruce Baillie. Odes au paysage américain éternel, ces trois épopées cinématographiques puisent dans la mythologie américaine et dans ses cultures séculaires – indiennes et amérindiennes – les éléments d’une prose filmique à travers laquelle, la quête d’une innocence perdue s’éprouve dans la confrontation des corps en mouvement et de l’immensité du paysage.

Bruce Baillie, Show Leader, 1966, 16mm, nb, son, 1min
Bruce Baillie, To Parsifal, 1963, 16mm, coul, son, 16min
Bruce Baillie, Mass for the Dakota Sioux, 1963-64, 16mm, nb, son, 19.30min
Bruce Baillie, Quixote, 1964-65, 16mm, coul, son, 42.20min

Séance présentée par Patrice Rollet, professeur à l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy. Essayiste et critique de cinéma, il a fondé, avec Serge Daney, la revue Trafic après avoir été directeur littéraire des Cahiers du cinéma. Il a notamment publié Passages à vide aux Éditions P.O.L (2002) et Diaries, Notes and Sketches de Jonas Mekas aux Éditions Yellow Now (2003).

Remerciements : Patrice Rollet, Canyon Cinema (San Francisco), The Film-Makers’ Cooperative (New York), Lux, (Londres) et Light Cone (Paris).

West Coast connection / Bob Kaufman

24 septembre 2016, à 20h00 (2h00)

Believe in the swinging sounds of jazz,
Tearing the night into intricate shreds,
Putting it back together again,
In cool logical patterns,
Not in the sick controllers,
Who created only the Bomb.

Extrait de Believe, Believe publié dans Cranial Guitar aux éditions Coffee House Press, 1996

Pour son second long-métrage documentaire, le cinéaste afro-américain Billy Woodberry s’attache à la personnalité singulière et légendaire du poète beat Bob Kaufman (1925-1986), surnommé « the black Rimbaud ». Entremêlant aux poèmes de Kaufman un ensemble fascinant d’archives et de témoignages, And When I Die, I Won’t Stay Dead (2015) explore la biographie et l’œuvre de ce poète de l’oralité qui avait un jour déclaré que son ambition était d’être complétement oublié. Originaire de la Nouvelle-Orléans, Kaufman rejoint le bouillonnant quartier de North Beach à San Francisco à la fin des années 1950 où il confonde en compagnie d’amis poètes dont Allen Ginsberg la revue Beatitude. Bouleversé par l’assassinat de Kennedy à Dallas en 1963, le poète – de retour à New York dans le fameux Greenwich Village depuis le début des années 1960, restera silencieux pendant une dizaine d’années. De cette vie consommée par les deux extrémités, marquée par l’addiction à la drogue, la pauvreté, les arrestations arbitraires, Billy Woodbery esquisse le portrait poignant d’un personnage à la trajectoire tout aussi flamboyante que crépusculaire. Traversée par l’influence de la musique jazz, la complexité des harmonies et le caractère spontané du bebop, l’œuvre de Kaufman symbolise à elle seule la quintessence même de cette fusion entre musicalité et poésie. « My head is a bony guitar, strung with tongues, plucked by fingers and nails ».

Séance présentée par Rani Singh, commissaire associée de l’exposition Beat Generation (Centre Pompidou, Galerie 1, du 21 juin au 3 octobre 2016) et Principal Project Specialist, Modern and Contemporary collection, Getty Research Institute (Los Angeles). Présentation en anglais.

Figure centrale du collectif de cinéastes afro-américains L.A. Rebellion à la fin des années 1970, Billy Woodberry enseigne depuis 1989 à la School of Film/Video et à la School of Art at the California Institute of the Arts. Son film Bless Their Little Hearts (1984), présenté à la Berlinale, est entré en 2013 dans les collections de la Library of Congress. Billy Woodberry apparait dans le film de Charles Burnett When it Rains (1995), il a prêté sa voix aux films de Thom Andersen Red Hollywood (1996) et de James Benning Four Corner (1998). Sa vidéo The Architect, the Ants, and the Bees, interrogeant la construction du Disney Concert Hall et ses conséquences sur le quartier de downtown Los Angeles, a été présentée en 2004 à la galerie Redcat. Les films de Billy Woodberry ont été présentés au Camera Austria Synmposium, au Havard Film Archive, au Human Rights Watch Film Festival et plus récemment au Moma à New York.

Remerciements : Billy Woodberry

A l’occasion du cycle de projections du Centre Pompidou autour de l’exposition Beat generation, Le CiNéMa Club présentera le documentaire And When I Die, I Won’t Stay Dead de Billy Woodberry du dimanche 25 Septembre au samedi 1er octobre, en reprise de sa projection la veille au centre.
Le CiNéMa Club est un cinéma en ligne gratuit qui présente chaque dimanche un film à découvrir pendant une semaine. Ont été diffusés entre autres des films de Kenneth Anger, Andrea Arnold, Louis Garrel, Yorgos Lanthimos, Justine Triet, et Gus Van Sant.

West Coast connection / Fog City, Ron Rice

25 septembre 2016, à 16h00 (1h30)

The Flower Thief est l’une des expressions les plus pures de la sensibilité beat au cinéma. Tourné avec de la pellicule de récupération périmée produisant une lumière instable, le film est constitué de séquences assemblées plutôt que montées produisant un récit non-linéaire auquel la bande-son hasardeuse donne un caractère d’improvisation. The Flower Thief retrace les aventures absurdes, anarchisantes et souvent puériles d’un héros innocent (joué par Taylor Mead, future « superstar » de la factory warholienne) et dresse simultanément un portrait de North Beach, le quartier de San Francisco où résidait la communauté des poètes beat

Ron Rice, The Flower Thief, 1960, 16mm, nb, son, 58min

Séance présentée par Philippe Alain Michaud, conservateur en chef de la collection des films du Centre Pompidou et commissaire de l’exposition Beat Generation (Centre Pompidou, Galerie 1, du 21 juin au 3 octobre 2016).

Copie 16mm conservée dans les collections du Centre Pompidou (Paris).

West Coast connection / Rat bastard meets Semina Culture

25 septembre 2016, à 18h00 (1h30)

Plus qu’une scène, les artistes qui se rassemblent autour de Wallace Berman et de sa revue d’artiste Semina, constituent un véritable cercle, intime, aux traits presque ésotériques. Opérant underground plus que dans le réseau des galeries et des espaces d’exposition, les quelques figures iconiques du milieu artistique de San Francisco (et de Los Angeles), voient dans la marginalité une position poétique et politique. Ces film-portraits, esquisses, bribes de fiction, témoignent alors peut-être d’une volonté de briser les frontières et de produire une œuvre aux contours élargis, marquée par l’éphémère et l’improvisation.

Paul Beattie, A Thimble of Goobye: A Film Poem, 1960, 16mm, nb, son, 8.30min
Stan Brakhage, In Between, 1955, 16mm, coul, son, 9.20min
Larry Jordan, Jewel Face, 1964, 16mm, coul, son, 6min
George Herms, Topanga Rose, c.1960, s8mm (transféré sur fichier num), coul, sil, 22min (extrait)
Wallace Berman, Aleph, 1958-66, 16mm, coul/nb, sil, 6.30min
Bruce Conner, Breakaway, 1966, 16mm, nb, son, 5.20min
Dean Stockwell, Pas de trois, 1964, 16mm (transféré sur fichier num), nb, son, 8min
Russ Tamblyn, First Film, c.1966, 16mm, coul, sil, 8min
Bruce Conner, The white rose, 1967, nb, son, 7min

Séance présentée par Judith Delfiner, Maître de conférences en histoire de l’art contemporain, Université Pierre Mendès France, Grenoble 2 et auteure de Double-Barrelled Gun – Dada aux Etats-Unis (1945-1957) publié aux éditions Les presses du Réel en 2011.

West Coast connection / Beat Show

25 septembre 2016, à 20h00 (2h00)

Réalisé en 1959 pour le compte de l’American International Pictures avec un budget de 50 000$ et 5 jours de tournage, A Bucket of Blood est à la croisée des genres du film d’horreur et de la comédie noire. Co-scénarisé avec Chuck Griffith, le film situe son intrigue dans le milieu beat de la côte ouest américaine et plus particulièrement le Yellow Door, lieux de rencontre des poètes, artistes et marginaux en tous genres dont il dépeint un portrait grotesque et cauchemardesque. La reprise parodique de la culture Beat reflète un regain d’intention porté par les studios Hollywoodiens pour un phénomène à l’influence grandissante auprès de la jeunesse américaine. La culture Beat fascine autant qu’elle effraye une société partagée, au sortir de la seconde guerre mondiale, entre conservatisme et désir d’émancipation. Invariablement, Hollywood contribua à enfermer dans l’inconscient collectif la culture Beat dans une imagerie décadente, un milieu où se rencontrent toutes les « déviances », jusqu’à en effacer ses motivations réelles.

« Where are John, Joe, Jake, Jim Jerk? Dead, dead, dead! They were not born, before they were born, they were not born. Where are Leonardo, Rembrandt, Ludwig? Alive, Alive, Alive! They were born!» A Bucket of Blood, Roger Corman, 1959 (extrait)

Beatnik doesn’t respect anything, performance, 10-15min
Dion Vigne, Amazing footage featuring Christopher Maclaine, circa 1957, 16mm, nb, sil, 13min
Roger Corman, A Bucket of Blood, 1959, 35mm, nb, son, 86min (vo)

Cut up and guerilla condition

26 septembre 2016, à 19h00 (1h30)

The Universe in Other Words, titre du film, est emprunté au dernier chapitre du livre de Terry Wilson Perilous Passage (2005, Synergetic Press) qui raconte l’apprentissage de l‘écrivain anglais sous la tutelle de ses maitres shamaniques, Brion Gysin et W.S Burroughs. Il y évoque les événements, tels qu’ils se sont déroulés dans les dernières années de la vie et après la mort de Brion Gysin en détaillant les effets psychiques profonds du « Third Mind » décrit par Brion sous le nom de « The Process ». Il y raconte enfin son voyage au Pérou avec Philippe Baumont en 2000.

Le film est réalisé à partir des images originales du voyage, à la rencontre de Don Roberto, shaman, guidés par Francisco, au coeur de la forêt Amazonienne pour participer à la cérémonie de l’Ayahuasca, la plante hallucinogène. Il suit la chronologie d‘une journée, de l’arrivée dans la ville d’Iquitos, la traversée en forêt et les premiers contacts avec les sorciers. Puis, lorsque le soir tombe, hallucinations et symboles magiques annoncent la cérémonie de l‘Ayahuasca et le passage du Condor.

Composé de rush video granuleux, scènes filmées en forêt au son obsédant, de dialogues et de références à l’œuvre de Terry Wilson (l’exécution d’un cut up figurant Anthony Balch), le film confronte le spectateur au langage de la nature et aux démonstrations de pouvoir des shamans lors du passage de la mort à la renaissance.

Questionnant l’acte de saisir le réel, le film re-mémorise l‘expérience, la sensation de l‘hypnose ou du demi sommeil, et ouvre à la résonance quantique de la photosynthèse qui s’opère par l’Ayahuasca, amenant le spectateur à devenir témoin d’une « Vision », une ville moderne, (représentée par un rollerdrawing de Brion Gysin), une télécommunication surnaturelle en pleine nature comme une énigme.

L’expérience est ensuite filmée à l’envers jusqu’à son point de départ, la gare de Londres.

« Cette version reprend le scénario original du film. Les scènes sont réintégrées dans le voyage du retour, après l’expérience dans la forêt. Elles retracent le retour anticipé à Iquitos, quelques jours avant les émeutes qui feront une dizaine de victimes tuées, lors d’affrontements avec les forces de police, déjà sur place, en raison de la fête nationale. Les marchés aux étales vides, les quartiers pauvres et les indiens désoeuvrés témoignent de la transformation de cette petite ville d’Amazonie. La situation des anciens shamans, devenus employés d’entrepreneurs taxinomistes issus d’autres pays, est évoquée par la scène de l‘abattage des arbres, pour agrandir le camp. La prise de distance par rapport à une expérience merveilleuse dans l’écrin de la forêt, qui communique et révèle, s’opère par les images du retour à Lima et le survol de Bogotta. Dans les nuages, le songe récurant du shaman qui marche à l‘envers, sorte de reconstruction cognitive. »

Chronologie du film
Les singes
Le rêve du condor
Iquitos(Pérou)
La terre des sorciers
Le temple
La nuit
Icaros , chant des shammannesses
Hypnose, vomissements
Vision
Le passage du condor
Renaissance
Rewind (acceleré)
Les singes

Hillary Jefferey, musicien abstrait (LYSN, Inconsolable ghosts, Zeitkratzer(trombonne)) a collaboré au film par la création de deux pièces musicales improvisées.

Antony Balch & William Burroughs, Towers Open Fire, 1963, 16mm, nb, son, 10min
Philippe Baumont, Ayahuasca, The Universe in Other Words, 2014, video, coul, son, 46min

William Burroughs : The Movie

26 septembre 2016, à 20h00 (1h45)

Tourné sur une durée de 5 ans par Howard Brookner (avec la complicité de Jim Jarmusch et Tom DiCillo), qui aurait dû en faire son projet de fin d’études à New York University, Burroughs: The Movie, finalisé en 1983, est composé d’une série des séquences intimes et surprenantes, qui témoignent de la complicité du réalisateur avec son sujet. Dans les mots de l’écrivain Luc Sante, Burroughs: The Movie « apparait comme un portrait tridimensionnel d’un écrivain qui a fusionné avec son œuvre, et qui en est devenu son personnage plus complexe et durable, qui sera toujours aperçu comme s’il provenait du futur, autant qu’originaire de plusieurs passés qui se chevauchent ».

Howard Brookner, William S. Burroughs on being a writer (Outtakes from Burroughs: the Movie, 1983), 16mm (fichier num), coul, son, 6min
Howard Brookner, Burroughs: The Movie, 1983, 16mm (transféré sur Blu-Ray), coul, son, 86min

Paradis artificiels

30 septembre 2016, à 20h00 (1h45)

Omniprésente dans la culture beat, la drogue et ses usages ritualisés furent les éléments fondateurs d’une possible réconciliation du corps et l’esprit recherchée par les principaux acteurs de la Beat Generation. Des atmosphères parisiennes enfumées par le hachich de Vipers (1955) par Shinkichi Tajiri, aux cultures de péyote dans les étendues désertiques du paysage mexicain filmées par Larry Jordan dans Triptych in four parts (1958), en passant par les trances visuelles et sensorielles des deux cinéastes américaines Storm de Hirsh (Peyote Queen, 1965) et Chick Strand (Angel Blue Sweet Wings, 1966), pour se conclure dans le psychédélisme le plus débridé d’Ira Cohen (The Invasion of Thunderbolt Pagoda, 1968), les artistes réunis dans ce programme traduisent leurs expériences hallucinatoires en éléments d’une syntaxe cinématographique à travers laquelle l’expérimentation se conjugue avec l’invention d’une perception du monde renouvelée que semble atteindre pleinement l’artiste américain Jordan Belson avec son film Chakra réalisé en 1972.

Shinkichi Tajiri, Vipers, 1955, 16mm, nb, son, 9.15min
Larry Jordan, Triptych in four Parts, 1958, 16mm, coul, son, 12min
Jordan Belson, Chakra, 1972, 16mm, coul, son, 5.30min
John Whitney, Lapis, 1963, 16mm, coul, son, 9.10min
Jud Yalkut, Diffraction Film, 1965, 16mm, coul, sil, 10min
Storm de Hirsch, Peyote Queen, 1965, 16mm, coul, son, 8min
Chick Strand, Angel Blue Sweet Wings, 1966, 16mm, coul, son, 3min
Ira Cohen, The Invasion of Thunderbolt Pagoda, 1968, 16mm, coul, son, 21min

Séance présentée par Jelena Martinovic, docteure en histoire de la médecine, post-doc au Département de l’histoire des sciences de l’Université de Harvard et chercheuse associée à l’Institut d’histoire de la médicine de Lausanne.

East Coast / Greenwich Village stories

1er octobre 2016, à 16h00 (1h30)

À partir de la deuxième moitié des années 1940, le Greenwich Village devient la destination new-yorkaise d’élection pour les jeunes artistes. Le quartier « était charmant, décadent, intime, accessible, presque comme une fête foraine », écrivait à ce propos Anatole Broyard, en y ajoutant : « on vivait dans les bars et sur les bancs de Washington Square. On partageait l’aventure d’essayer d’être, de commencer à être, écrivains ou artistes ». Des lieux comme le Cedar Bar ou le Café Bizarre deviennent des espaces de rencontre où les plasticiens côtoyaient les poètes et les jazzmans. Dans ce contexte le film s’avère être le meilleur outil pour amorcer des collaborations entre les protagonistes de la scène (des peintres comme Larry Rivers, ou Alfred Leslie qui commence à réaliser des films dans les années 1950 ). Situés quelques part entre le portrait de groupe et l’improvisation d’acteur (non sans un certain sens de l’humour), les œuvres de ce programme touchent au cœur de la première sensibilité Beat de New York et nous invitent à reconsidérer un réseau d’influence élargi, où l’on peut trouver également des références à la poésie « New York School » ou encore au cinéma direct.

Stewart Wilensky, Greenwich Village Sunday, 16mm, coul, son, 12.29min
Rudy Burckhardt, Mounting Tension, 1950, 16mm, nb, son, 20min
Richard Leacock, Anatomy of Cindy Fink, 1962, coul, son, 12mm
Alfred Leslie, The Last Clean Shirt, 1964, 16mm, nb, son, 40min

East Coast / Harry Smith

1er octobre 2016, à 18h00 (1h45)

Peintre, anthropologue, musicologue et occultiste, Harry Smith est aussi l’un des cinéastes les plus brillants de l’avant-garde américaine. Film # 12: Heaven and Earth Magic (1950-61), s’apparente au récit halluciné d’un trip entre le paradis et l’enfer. Réalisé à partir de collages alternant iconographie religieuse séculaire et symbolisme magique, le film concrétise cette alchimie bien particulière dont Harry Smith fut l’habile expérimentateur.

Film # 12: Heaven and Earth Magic présenté dans sa version élargie et performative imaginée par Harry Smith.
Harry Smith, Film # 12: Heaven and Earth Magic, 1950-61, 16mm, nb/coul, son, 63.52min.

East Coast / Piero Heliczer

1er octobre 2016, à 20h00 (2h00)

Wynn Heliczer, The missing beat, lecture de poèmes de Piero Heliczer
Piero Heliczer, The Autumn Feast, 1961, 16mm, nb/coul, son, 14min
Piero Heliczer, The Soap Opera, 1964, 16mm, coul, son, 13min
Piero Heliczer, Dirt, 1965, 16mm, nb/coul, son, 12min
Piero Heliczer, Venus in Furs, 1966, 16mm (transféré sur fichier num), nb/coul, son, 21min

En présence de Wynn Heliczer (en anglais)

Séance présentée par Rani Singh (en anglais)

East Coast / Jonas Mekas

2 octobre 2016, à 16h00 (1h30)

Grand prix du film documentaire au Festival de Venise en 1964, The Brig de Jonas Mekas est le filmage direct, en caméra portée, d’un spectacle du Living Theater dont l’action se situe dans une geôle d’un régiment de Marines.

« Ce film n’est pas l’adaptation de la pièce The Brig interprétée par le Living Theater mais le filmage direct d’une de leurs représentations. Le film a été réalisé en une soirée. Je n’avais jamais vu la pièce avant de monter sur la scène. (…) Une des idées que je poursuivais – ou dont je voulais me débarrasser – était d’appliquer la technique du cinéma vérité au filmage d’une pièce de théâtre. Je voulais saper, peut-être, quelques-uns des mythes et mystifications du cinéma vérité : où est la vérité en cinéma ? » Jonas Mekas

Documentée par la poète et cinéaste américaine Storm de Hirsch, cette soirée de tournage de Jonas Mekas sur la scène du Living Theater se retrouve condensée dans Newsreel : Jonas in « The Brig », véritable making-of du cinéma indépendant new yorkais de cette époque.

Storm de Hirsch, Newsreel: Jonas in « The Brig », 1964, 16mm, nb, sil, 5min
Jonas Mekas, The Brig, 1964, 16mm, nb, son, 68min (vo)

East Coast / Jack, Allen & Gregory

2 octobre 2016, à 18h00 (1h15)

Considéré par Jonas Mekas comme le premier film réellement Beat, Pull My Daisy est le résultat de la collaboration entre le photographe et cinéaste Robert Frank, le peintre Alfred Leslie, le compositeur David Amram et l’écrivain Jack Kerouac. Le film est caractérisé par une impression de spontanéité, à la simplicité trompeuse. Tourné en janvier 1959 pour la plupart à l’atelier de Leslie (entre Fourth Avenue et 12th Street à New York) on y voit apparaître à l’écran, entre autres, Allen Ginsberg, Peter Orlovsky, Larry Rivers, Gregory Corso, et Delphine Seyrig. Pull My Daisy sera présenté pour la première fois le 11 novembre 1959 au Cinema 16 d’Amos Vogel, avec Shadows de John Cassavetes.

Tourné au Naropa Institute à Boulder, Colorado, lors d’une série de conférences consacrées à Kerouac, du 23 juillet au 1er août 1982, This Song for Jack (1983) offre un regard inédit sur la commémoration du 25e anniversaire de la publication de Sur la route. On y retrouve tous les membres de la Beat Generation contemporains de Kerouac, dont Robert Frank.

Robert Frank Alfred Leslie, Pull my Daisy, 1959, 16mm, nb, son, 28min (vo)
Robert Frank, This Song for Jack, 1983, 16mm, nb, son, 30min (vo)

East Coast / Don’t Blink : Robert Frank

2 octobre 2016, à 20h00 (1h30)

La cinéaste Laura Israel a été la monteuse de Robert Frank, ainsi que son archiviste, pendant plus de vingt ans. La complicité et la connaissance de son sujet rend Don’t Blink un documentaire étonnant et inédit sur l’un des plus grands photographes américains de l’après-guerre – un film qui ne fait quasiment aucune concession à la divulgation. Frank présente sa vie et son œuvre en abordant des questions pointues, à l’aide des interventions de quelques techniciens, sur des problèmes de cadrage, montage, lumière, tirage. Sa trajectoire biographique, parfois tragique, est ainsi mise à distance par son œuvre elle-même. Plus qu’un documentaire, Don’t Blink fait penser à un enseignement péripatétique, aux traits désenchantés, et d’un humour parfois noir, d’un maître qui supporte difficilement la rhétorique facile autour de son art.

Laura Israel, Don’t Blink: Robert Frank, 2015, DCP, nb/coul, son, 82min (vo)

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